Nous
nous sommes aperçus que, pour être plus assurés de réussir dans
nos relations, il fallait aussi un cerveau en parfait état de
marche. Les sciences cognitives, d'une apparition plus récente,
nous ont alors donné quelques outils supplémentaires pour construire
la méthode.
Enfin,
d'autres éléments entrent en jeu : notre capacité à rester serein
et à ne pas nous attacher aux réalités temporelles a aussi sa
part dans nos résultats positifs. Nous avons observé d'authentiques
spécialistes de la relation, arriver à échouer dans leurs entreprises,
car ils ne savaient pas se distancier par rapport à leurs objectifs
et à leurs partenaires, alors qu'à côté de cela, d'autres pratiquants
stagiaires, moins bien armés sur le plan des techniques, réussissaient
brillamment car ils avaient cultivé l'art d'être détaché, ce qui
leur donnait une meilleure vue " objective " de la situation,
donc une meilleure position pour maîtriser la relation avec l'autre.
C'est
alors qu'après une relecture de la centaine de livres que nous
de la bibliothèque traitant des philosophies orientales, du zen
et du tao en particulier, il est apparu clairement que la plupart
des concepts découverts par la Sémantique Générale, et par Palo
Alto, mais aussi par la systémique, étaient contenus dans les
textes fondateurs de ces philosophies anciennes.
Aussi, personne ne fut étonné de découvrir par la suite qu'Alfred
Korzybski, l'inventeur de la Sémantique Générale, était, paraît-il,
maître zen, et que Gregory Bateson, le créateur de l'Ecole de
Palo Alto a fréquenté toute sa vie les maîtres bouddhistes et
qu'il a même choisi de mourir de son cancer dans un de leurs monastères.
Cela
n'a pas du se passer exactement comme cela, car la découverte
de ces sources a été plus simultanée que successive, mais on n'en
est pas loin.
En fait, j'étais imprégné de philosophies orientales et de zen
dès l'âge de dix ou douze ans et je me suis passionné dans l'étude
des relations très tôt, vers les cinq ans. Dès cet âge-là, mon
interrogation était la suivante : " Pourquoi les gens font-ils
cela et ne font-ils pas autrement ? ".
Et mon intuition était que les réponses se trouvaient dans une
observation assidue, - et menée scientifiquement -, des comportements
humains, et surtout pas dans les élucubrations des philosophes
et des psychanalystes que j'ai découvert vers les dix ans.
Ce
qui m'a amené à poursuivre plusieurs types d'études en me donnant
une culture pluridisciplinaire : lettres, langues, sociologie,
ethnologie, puis linguistique et informatique.