Exposé des cours - N°2 / page 2
 

Sources de la Méthode RELATIO

Notre monde contemporain est le monde de l'existence. Nous ne voyons autour de nous que des objets et des personnes distincts, chacun possédant des caractères fixes dans le temps. Nous trouvons confortable de pouvoir décrire les choses et les gens en termes statiques.

Nous sommes en cela, les descendants spirituels d'un certain Aristote et n'avons pas su écouter Héraclite (philosophe grec né à Ephèse en 576 avant JC et mort en 480 av JC), plus subtil qui nous avait pourtant ouvert les yeux et l'esprit à une conception mobile de la réalité.

Que disait-il ?
" Le soleil est nouveau chaque jour. "
" Pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves, autres et toujours autres sont les eaux qui s'écoulent. "
" On ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve. [Toutes choses] se répandent et de nouveau se contractent, s'approchent et s'éloignent. "

Héraclite ne semblerait pas de nos jours " politiquement correct " car il déclarait que, de quelque côté qu'il se tourne, il ne trouve nulle part la connaissance vraie. Le commun des humains n'a aucune intelligence de l'éternelle vérité. Aujourd'hui, en 2007, nous refusons de voir les différences et nous préférons clamer l'égalité des intelligences, au grand mépris de l'évidence.

Pour Héraclite, rien dans le monde entier ne demeure un seul instant identique à soi-même : tout passe, tout change, tout meurt à chaque moment. C'est ce qu'il exprimait par ces formules restées célèbres : Tout coule et on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. Aucune chose n'est à proprement parler : tout devient, tout passe d'un contraire à l'autre : tout se confond, les contraires sont identiques, et c'est un même être, toujours fuyant, qui revêt tour à tour les formes les plus opposées. Le jour devient la nuit, et la nuit le jour ; le petit devient grand, et l'invisible visible; le haut et le bas, ce qui est salutaire et ce qui est nuisible, le commencement et la fin, le mortel et l'immortel, ne diffèrent pas. L'été et l'hiver, la guerre et la paix sont identiques: l'argile dont les choses sont faites revêt sans cesse de nouvelles formes.

Pour Héraclite, une seule chose est constante, permanente, c'est le changement. Tout passe et rien ne demeure. Rien ne peut être pensé sans son contraire. Le conflit constant des contraires est défini comme le père de toutes choses. Mais tout est gouverné par le logos. Le logos est le législateur pour tout ce qui est, et il est l'unité des contraires.

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