Exposé des cours - N°11 / page 2
 
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L'Ecole de Palo Alto (2) autres axiomes et découvertes

Le problème de la " réalité " de l'interaction : le recadrage

Une autre question qu'il convient d'aborder est celui de la réalité de la relation entre A et B, celui de la réalité en général.
La sémantique générale, après le zen, nous a montré que la réalité de ce monde ne nous est pas accessible, et que la seule chose que nous voyons c'est notre propre interprétation de la réalité.
Qu'en est-il de la réalité de la relation entre A et B ? Même si l'on ajoute, " à un moment donné du temps ", même si l'on prend garde de préciser s'ils s'agit du point de vue de A ou de B, qu'en est-il de la vraie réalité de cette relation, ici et maintenant ? La relation entre A et B, appartient-elle au monde de la Carte ou à celui du Territoire ?

Comparons les deux formulations :
- (1) En ce moment, pendant que nous débattons d'un projet d'association, je me vois comme nettement en situation de supériorité vis à vis de B et totalement coopératif, mais j'ai l'impression qu'il se sent mon égal avec une petite pointe d'agressivité (antagoniste)
- (2) Ma personnalité sûr de soi me rend à l'aise vis à vis de ce projet pendant que B, plus timoré est sur la défensive.

On peut sans conteste affirmer deux choses : d'abord que la première formule semble plus proche d'une description de type " territoire " que la seconde, mais que, toutefois, les deux formules possèdent la même faiblesse : elles ne font que refléter l'impression, le point de vue de A.
Dans les deux cas, on reste totalement ignorant du sentiment de B.

Ainsi, aussi sophistiqués que soient les outils permettant d'analyser la relation entre A et B, ils ne permettent, au mieux, que de nous faire préciser notre propre subjectivité. Pour savoir avec précision comment l'autre nous voit, et voit la relation, il faut procéder à des observations plus pragmatiques, ou se livrer à des expériences de types stratagèmes.

Donc, la relation A <=> B n'existe pas, c'est-à-dire qu'elle n'a pas d'existence objective, valable pour chacun des partenaires et pour les observateurs.

C'est pourquoi la technique reine de la thérapie de Palo Alto est le recadrage. Par le recadrage, j'en viens à classer autrement mes pensées, mes perceptions et mes jugements, et le problème disparaît. Je mets mes chaussettes dans un autre tiroir, et la sémantique de celles-ci change. Une situation me gêne et me pose problème, j'en souffre ; j'apprends à voir en quoi cette situation est pour moi un avantage : le problème est dissous.

Recadrer, c'est trouver un nouveau cadre à une expérience, changer le contexte conceptuel et/ou émotionnel. Avec le recadrage, il y a changement , même quand la situation demeure inchangée.

Pour opérer un recadrage, il faut, dans un premier temps ôter le cadre existant. Or, nous nous sommes attachés sans nous en rendre compte à notre classification actuelle de la réalité. Et la plupart des tentatives logiques pour changer de cadre, sont vouées à l'échec dans la mesure où il faut d'abord abandonner l'ancien classement avant d'en adopter un nouveau.

Pour faire simple, nous pouvons dire que le recadrage change chez une personne le sens qu'elle donne à une situation, souvent pour la percevoir de façon radicalement opposée. Ce qui est défaut devient qualité ou avantage, ce qui est à combattre devient à rechercher… Des exemples vont nous aider à comprendre ce qu'est le recadrage, à en comprendre l'utilité pour changer, nous changer et changer la vision des autres.


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