La
notion de système nous a familiarisé avec des idées fort utiles
en pratique.
La première idée est que " tout est relié à tout ". On
l'a vu, c'est une coupure radicale (on dit parfois " épistémologique
" et on parle de changement de paradigme) d'avec la communication
linéaire et sa causalité univoque.
La systémique, c'est la réunification des tiroirs, c'est le refus
d'en rester aux classifications analytiques, c'est une tentative
pour relier en permanence ce qui a été précédemment séparé par
les anciennes façons de penser. C'est la négation de la pensée
atomisante.
La systémique ne voit plus les éléments comme entités séparées,
mais comme étant en relation vivante dans un ensemble plus vaste
et plus complexe, lequel à son tour... La systémique voit et prend
en compte les mouvements comme unités d'analyse, retrouvant la
pensée d'Héraclite après quelques siècles de mépris.
C'est une pensée non-aristotélicienne ; la pensée non-A de Korzybski.
Après
le " tout est communication ", voici le " tout est système
".
Nous
avons vu en quoi le monde de la carte est aussi le monde de la
causalité linéaire, monde dans lequel les éléments sont vécus
comme séparés les uns des autres.
Le monde des relations, plus proche du Territoire, est le monde
des processus, des interactions, lesquels ne peuvent être correctement
décrits à l'aide seulement des Pourquoi. Dans le monde
complexe des interactions entre individus, les causes peuvent
se transformer en effets et vice versa, au plus grand dam des
aristotéliciens et autres cartésiens.
Le
modèle de la causalité linéaire, ou modèle du télégraphe qui se
résume en trois lettres, E => M => R, comme Emetteur
=> Message => Récepteur, se transforme en un modèle
cyclique du type de l'orchestre, où chaque élément est en même
temps cause ET effet...
Ce
monde des processus ne peut se comprendre sans l'invention de
nouveaux outils, des outils permettant de modéliser le complexe.
Cela ne peut se faire que dans la mesure où notre esprit est tout
entier tourné vers la recherche des " Comment ça marche
" et non plus des " Pourquoi ça ne marche pas ? "
Ainsi,
un autre axiome de l'AR dit : " Pour décrire et comprendre les processus relationnels,
il vaut mieux s'attacher à la recherche des Comment qu'à celle
des Pourquoi ".