Nous
n'allons reprendre ici aucune des présentations habituelles de
la Sémantique Générale. Nous renvoyons le lecteur aux bons livres
qui ont été écrits sur le sujet et qu'il trouvera dans notre bibliographie.
Nous le renvoyons aussi aux quelques pages figurant dans le premier
chapitre de ce cours, en introduction à la méthode Relatio.
Nous
avons assez dit la supériorité du Territoire sur la Carte pour
résoudre les problèmes relationnels :
" Dans de nombreux cas, il est possible de résoudre ou de moins
de limiter considérablement le conflit en revenant au niveau de
description. Cela signifie en clair : cessons de discuter en voyons
quel est le fait précis qui a créé cette situation. " (Michel
Saucet, 1983, p. 121)
Mais
nous avons aussi dénoncé l'illusoire réalité appelée le Territoire,
que personne ne peut, ni voir, ni décrire ; et nous affirmons
bien haut, la nécessité de posséder des cartes pour s'orienter.
Qui aura l'inconscience de partir en voyage sans cartes ? Encore
faut-il que la carte que l'on emporte ait quelques caractéristiques
: qu'elle soit claire dans ses symboles (qu'une église soit représentée
par un symbole figuratif simple...), qu'elle soit détaillée juste
assez pour la nature du voyage que l'on entreprend (au 25000ème
pour le randonneur, au 200000ème pour l'automobiliste...), enfin
qu'elle soit fidèle dans sa grossièreté.
L'ennui
avec nos concepts, nos croyances, nos valeurs et nos opinions,
pour prendre les principaux éléments qui peuplent nos cartes mentales,
est qu'ils ne remplissent aucune de ces conditions. Nos cartes
sont floues, peu détaillées, et, de plus, il semble que chacun
de nous se promène dans la vie avec une carte différente. Difficile
dans ce cas de randonner ensemble.
Nous
nous proposons dans un autre cours de traiter de la nécessité
des cartes, mais de cartes isomorphes au Territoire.
Dans le cours d'AR, nous mettons en garde le Relationniste débutant
contre toutes les cartes préétablies qu'il a pu apprendre depuis
son enfance.
Les problèmes de la vie de tous les jours, que nous appelons généralement
problèmes relationnels, sont l'expression d'un sentiment d'écart
entre ce que nous vivons (ou ce que nous croyons vivre) et ce
que l'on croit qu'il faudrait que l'on vive. Ce sont souvent des
problèmes de cartes inadaptées, et c'est par erreur méthodologique
que l'on cherche à les résoudre au niveau du concret.
Ou bien encore ce sont des problèmes typiquement territoire que
l'on s'acharne à résoudre au niveau de la Carte.
Ce sont deux erreurs de type inverse, mais qui aboutissent au
même résultat : on aggrave le problème en voulant le résoudre.
Nous
nous contenterons ici de décrire trois principes de Méthode Relatio
en rapport avec le dualisme Carte/Territoire.