Exposé des cours - N°15 / page 2
 
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Les trois principes de la Méthode Relatio

1. La non-généralisation

Van Vogt, auteur de science fiction et adepte de la Sémantique Générale, commence les chapitres de son livre : Le monde des non-A (pour non-aristotéliciens), par une citation en exergue.
Dans l'une d'entre elles, il dit : " Catherine et Julie jouent dans la cour " n'est pas la même chose que " Deux petites filles jouent dans la cour ".
En effet, la deuxième proposition est obtenue par un saut sémantique du particulier au général, par une généralisation.

Nous savons dans la théorie des ensembles qu'un ensemble peut être décrit en compréhension : " tous les hommes de ce groupe " ou en extension : " Gérard, Thierry, Gonzague… ". Et si l'on est bien obligé de choisir la compréhension dès que le nombre des éléments devient trop important pour les citer tous, il n'en reste pas moins que l'on doit prendre conscience qu'il s'agit là de généralisations qui érodent et suppriment les nuances individuelles.
La Sémantique Générale nous apprend à voir le monde comme des ensembles en extension.

Nous ne pouvons pas ne pas généraliser, autant en faire son deuil tout de suite. Beaucoup de nos généralisations sont légitimes et nous évitent bien des tracas. Par exemple, nous généralisons quand nous reconnaissons, dans une situation donnée, une situation déjà vécue, même approximativement, et que nous lui appliquons les solutions qui nous ont réussi précédemment.
Et, heureusement que nous généralisons, sinon, chaque fois que nous nous trouvons devant une porte à ouvrir, il nous faudrait réapprendre les gestes, sous prétexte que la porte n'est pas exactement la même que les fois précédentes.

Généraliser, c'est, à partir d'un petit nombre d'observations concrètes, émettre une idée abstraite qui recouvrira d'avance toutes les observations futures qui ressembleront à celles qui ont provoqué la généralisation.

J'ai deux copains antillais particulièrement dragueurs, et je pense que tous les antillais sont dragueurs. Ce type de généralisation trouve en nous des chemins tout tracés, d'autant plus qu'elles contiennent toujours ( ? ou presque) une certaine part de vérité. Et qu'elles valident par là, les futures généralisations que je ferai. Autrement dit, plus je généralise, plus j'observe à quel point j'ai raison de généraliser, et plus la généralisation devient mon mode majoritaire de pensée, donc mon mode majoritaire de me tromper.

Car, disons-le clairement, la généralisation fait partie de nos erreurs les plus fréquentes de raisonnement. Même si parfois, une généralisation (qui se reconnaît aux formules " toujours ", " jamais ", " tous les... "...) s'avère " vraie ", on ne peut prouver qu'elle l'est toujours...

Restons au niveau qui occupe prioritairement la Méthode Relatio : les relations interindividuelles.
A ce niveau, on peut dire que toutes les généralisations sont à bannir. Le relationniste continuera à généraliser à partir d'un petit contingent de faits, il le sait, mais il est vigilant ; il n'accepte plus de suivre aveuglément ce que son esprit lui présente comme des vérités, et il fera ainsi un pas en avant vers la résolution d'un grand nombre de ses problèmes.

Il apprendra à se méfier de lui-même. Il se servira des indices de la Sémantique Générale de Korzybski, en finissant ses phrases par les formules rituelles du type : " Pour autant que je sache, ici et maintenant, quoique... ". Il pensera toujours que les antillais sont dragueurs, mais restera ouvert à des expériences pouvant lui donner tort.


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