Un
des premiers travaux que nous demandons aux élèves de l'AR, désireux
de changer, est de lister leurs principales généralisations.
On en trouve facilement quelques dizaines voire quelques centaines,
et plus on en trouve, plus l'on sait que le changement sera difficile.
Plus on rencontre de sujets sur lesquels une personne généralise,
plus la coquille sera dure, et plus il sera difficile de la modifier.
Les
généralisations sont des opinions solidifiées, auxquelles nous
nous sommes attachés, car nous avons l'impression qu'elles font
partie de notre moi ; elles nous retiennent à la maison chaque
fois que l'on veut sortir.
Comment
lutter contre les généralisations ? D'abord, il faut les démasquer,
les débusquer, et leur faire la chasse. Comment ? En listant,
pour chacune d'elles, l'ensemble des faits concrets qui sont à
l'origine de celle-ci. Je pense que les antillais sont dragueurs.
Mais, combien d'antillais ai-je connu dans ma vie, en position
de draguer ? N'ai-je pas eu le spectacle d'antillais qui ne draguaient
pas ? Et mon ami Marcel, qui est breton, ne drague-t-il pas tout
autant ? En faisant ce tour d'examen, le plus complet possible,
en intégrant dans ma connaissance des personnes que je juge, ce
que j'ignore ou pense ignorer d'elles, je serai surpris de trouver
un tout petit nombre d'événements concrets justifiant mon opinion,
et encore plus de rencontrer des événements concrets allant à
l'encontre de cette opinion généralisante, évènements que j'avais
tout simplement oublié de voir, oubliés de retenir dans mon raisonnement.
Après
avoir listé les principales généralisations qui composent nos
opinions, nous nous attaquons particulièrement aux généralisations
dites " abusives ", celles qui nous limitent dans l'action, voire
nous empêchent carrément d'agir.
Plus notre carte mentale est remplie de concepts et d'opinions
généralisantes, plus il nous sera difficile d'agir, car nos croyances
sont comme des tapis dans lesquels nous nous prenons les pieds
dès que l'on avance. C'est un des aspects sur lequel Korzybski
ne s'est pas beaucoup penché, l'idée que plus la Carte est volumineuse,
plus le Territoire est rabougri.
Comme on voit de ces hommes dont la culture est essentiellement
livresque, être quasiment empêchés d'agir par cette culture même.
On peut presque tout apprendre dans les livres sauf l'odeur de
la rose, et la douceur de peau de nos petites amies. Cela me rappelle
le personnage d'un film qui avait tout appris dans les livres,
à qui l'on disait : " Tu sais, on n'apprend pas tout dans les
livres ", et qui répondait : " Je sais, j'ai lu ça dans
un livre aussi ".
Tout
notre apprentissage consiste à donner au débutant en Méthode Relatio,
des outils lui permettant de se détacher progressivement de ses
opinions généralisantes, et de les remplacer, soit par rien du
tout, soit par de nouvelles programmations comportementales, non
accompagnées d'opinions, des morceaux de territoire sans carte,
ou au pire, des cartes moins généralisantes.