Exposé des cours - N°15 / page 3
 
p
Les trois principes de la Méthode Relatio

1. La non-généralisation ( suite )

Un des premiers travaux que nous demandons aux élèves de l'AR, désireux de changer, est de lister leurs principales généralisations.
On en trouve facilement quelques dizaines voire quelques centaines, et plus on en trouve, plus l'on sait que le changement sera difficile. Plus on rencontre de sujets sur lesquels une personne généralise, plus la coquille sera dure, et plus il sera difficile de la modifier.

Les généralisations sont des opinions solidifiées, auxquelles nous nous sommes attachés, car nous avons l'impression qu'elles font partie de notre moi ; elles nous retiennent à la maison chaque fois que l'on veut sortir.

Comment lutter contre les généralisations ? D'abord, il faut les démasquer, les débusquer, et leur faire la chasse. Comment ? En listant, pour chacune d'elles, l'ensemble des faits concrets qui sont à l'origine de celle-ci. Je pense que les antillais sont dragueurs. Mais, combien d'antillais ai-je connu dans ma vie, en position de draguer ? N'ai-je pas eu le spectacle d'antillais qui ne draguaient pas ? Et mon ami Marcel, qui est breton, ne drague-t-il pas tout autant ? En faisant ce tour d'examen, le plus complet possible, en intégrant dans ma connaissance des personnes que je juge, ce que j'ignore ou pense ignorer d'elles, je serai surpris de trouver un tout petit nombre d'événements concrets justifiant mon opinion, et encore plus de rencontrer des événements concrets allant à l'encontre de cette opinion généralisante, évènements que j'avais tout simplement oublié de voir, oubliés de retenir dans mon raisonnement.

Après avoir listé les principales généralisations qui composent nos opinions, nous nous attaquons particulièrement aux généralisations dites " abusives ", celles qui nous limitent dans l'action, voire nous empêchent carrément d'agir.
Plus notre carte mentale est remplie de concepts et d'opinions généralisantes, plus il nous sera difficile d'agir, car nos croyances sont comme des tapis dans lesquels nous nous prenons les pieds dès que l'on avance. C'est un des aspects sur lequel Korzybski ne s'est pas beaucoup penché, l'idée que plus la Carte est volumineuse, plus le Territoire est rabougri.
Comme on voit de ces hommes dont la culture est essentiellement livresque, être quasiment empêchés d'agir par cette culture même.
On peut presque tout apprendre dans les livres sauf l'odeur de la rose, et la douceur de peau de nos petites amies. Cela me rappelle le personnage d'un film qui avait tout appris dans les livres, à qui l'on disait : " Tu sais, on n'apprend pas tout dans les livres ", et qui répondait : " Je sais, j'ai lu ça dans un livre aussi ".

Tout notre apprentissage consiste à donner au débutant en Méthode Relatio, des outils lui permettant de se détacher progressivement de ses opinions généralisantes, et de les remplacer, soit par rien du tout, soit par de nouvelles programmations comportementales, non accompagnées d'opinions, des morceaux de territoire sans carte, ou au pire, des cartes moins généralisantes.


p