Exposé des cours - N°16 / page 1
 
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Les trois principes d'action :
non sincérité, non jugement, non attachement
Les Savoir-faire du pratiquant : les 3 principes

1. Le principe de non-sincérité

On a vu que le principe de non-sincérité est un des grands principes de conduite de l'aspirant relationniste, et encore plus de l'aspirant animateur en AR.
Les mauvaises langues, - et elles ont raison -, disent que le principe de non-sincérité (ou NS) nous encourage à mentir, et que dans ce domaine la plupart d'entre nous n'ont pas tellement besoin d'encouragement. Mais le principe de non-sincérité n'empêche pas non plus de dire ce que l'on pense, en d'autres mots, d'être sincère.

Reprenons la leçon 1 : je veux changer quelqu'un, par exemple je veux que la femme de mon meilleur ami vienne passer le week-end chez moi, sans qu'il le sache bien sûr. Ce problème, puisque je le traite comme un problème à résoudre (mais bien plus intéressant que les problèmes de robinet appris à l'école), se résume en fait à une équation simple : déplacer " la carte mentale " de la femme de mon copain.

Pour obtenir ce changement de comportement, pour obtenir ce déplacement de " point de vue " chez l'autre, il faut être bien naïf pour ne pas comprendre qu'il me faut utiliser la façon dont l'autre fonctionne, je dois utiliser ses propres programmations pour lui faire faire mentalement ce parcours de changement. Et il faut être bien fou pour croire que c'est ma façon de voir les choses, ma façon de raisonner et de comprendre qui fera changer l'autre. C'est pourtant ce que l'on croit de façon implicite ou explicite quand on argumente. " Mais si, je vais t'expliquer pourquoi j'ai raison ".

Selon mes compétences, mes croyances, mes méthodes, mes priorités, et… mon charme, je vais utiliser mon énergie à faire changer cette personne, je vais inventer une stratégie de changement. Cette stratégie ne doit en aucun cas dépendre de ma propre façon de voir les choses, de ma propre subjectivité, mais seulement de la façon dont l'autre fonctionne. En théorie du moins. C'est pourquoi je serai plus fort, plus efficace, en me mettant " en dehors " de la relation, en considérant que je ne suis pas concerné par ce qui arrive. C'est ça le principe de non-sincérité.

Le principe de non-sincérité s'émet de la façon suivante : " Je ne suis pas concerné par ce que tu me dis, ou ce que tu me fais ; et je ne suis pas concerné non plus par ce que je te dis, et par ce que je te fais, car mes actions ont pour objectifs de te faire réagir ".

" Celui qui sait gérer le cours des fleuves leur ouvre passage pour diriger le flot. Celui qui sait gouverner le peuple l'incite à s'exprimer publiquement. "
Annales des Han, chapitre 29, les 36 stratagèmes

Nous savons qu'il est difficile d'analyser froidement nos propres relations. Plus nous sommes concernés par ce qui se passe, moins nous pouvons l'analyser " objectivement ".
Nous avons dit et répété dans d'autres ouvrages, que " toute communication est subjective ", nous avons vu au début de ce cours que la seule réalité dont nous pouvons parler se décrit en termes de " la façon dont je vois la relation ".
Par " objectif ", nous entendons ici : le plus près possible du territoire.

" Il faut apprendre à " prendre nos distances " d'avec les relations. Quoi qu'il arrive, ne vous identifiez pas avec ce qui se passe. Soyez-en le témoin, l'observateur. " Bhagwan Rajneesh. Le livre des secrets. p. 122.


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