Les trois
principes d'action :
non sincérité, non jugement, non attachement
Les Savoir-faire du pratiquant : les 3 principes
1. Le principe de non-sincérité (
suite )
On
ne peut conduire et maîtriser nos interactions si on a l'impression
d'en faire partie ; il faudra donc que les relationnistes apprennent
à se dissocier, dans l'action même, c'est-à-dire à se voir agir,
comme s'il s'agissait d'un grand frère sous surveillance. Notre
cours de base fait référence à l'un des principes fondamentaux
de la Méthode Relatio : le principe de non-sincérité, ou, pour
utiliser des termes déjà connus ailleurs, le principe de détachement.
Expliquons
le fonctionnement de ce principe à partir de la façon habituelle
dont nous considérons les interactions. Soit une chaîne de messages
échangés entre A et B, que nous allons écrire, pour simplifier,
de façon linéaire :
...A
=> M1 => B => M2 => A => M3 => B => M4 =>
A => M5...
Cette
chaîne représente les échanges entre A et B au cours d'une conversation
; la nature des messages (M1, M2, M3...) peut être verbale ou
non-verbale : sourires, gifles...
Habituellement, nous considérons que ce que nous disons ou faisons
avec B, est, en quelque sorte une partie de nous-mêmes ; et ce
que B nous répond, ne nous laisse pas indifférent non plus.
Nous
sommes donc concernés, à la fois par ce que nous disons et par
ce que l'on nous répond.
C'est la conception dite " normale " de la communication. On fera
remarquer, que cette conception, soit-disant basée sur la sincérité,
montre, à l'évidence que nous voyons la communication de la façon
la plus égoïste qui soit, puisque nous ne la voyons que de notre
seul point de vue. Dans cette chaîne d'interactions, nous sommes
bien " le centre du monde ".
La
chaîne de communication sera ponctuée ainsi : ..A => M1) => B => (M2 => A => M3) => B =>
(M4 => A => M5)..
En
nous situant au centre de la communication, nous évacuons notre
interlocuteur. Concrètement, dans l'action, cela signifie que
nous prêtons toute notre attention à ce que nous faisons et que
nous ne savons pas voir comment l'autre réagit.
A
l'inverse, la pratique du détachement et du principe de NS nous
apprend à positionner l'autre au centre de la relation, en ponctuant
ainsi la chaîne :
..A
=> (M1 => B => M2) => A => (M3 => B => M4)
=> A => (M5..
Il
s'agit de la même chaîne, mais cette fois, nous nous mettons en
marge de ce qui se passe. Nous sommes complètement dissociés par
rapport à ce qui se passe, par rapport à la chaîne des communications.
Nous sommes au balcon en train de nous regarder agir, dans notre
prestation d'acteur ; nous sommes donc dans la meilleure des positions
qui soient pour dicter à l'autre Moi, notre double, la bonne conduite
à tenir.
Tout se passe comme si nous n'étions pas concernés, ni par ce
que nous faisons, ni par ce que l'autre nous dit et nous fait.
D'où le nom provocateur de ce principe et de sa pratique : principe
de non-sincérité, auquel on a le droit de préférer le nom plus
zen et plus neutre, de principe de détachement.