Exposé des cours - N°18 / page 4
 
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Faire changer les autres à l'aide des critères de la relation

Cohérence de niveaux des changements ( suite )

Les changements recherchés habituellement par les autres méthodes, issues des théories du sujet, - les méthodes psy-quelque chose, en général -, se situent surtout au niveau des croyances.

On essaie de faire changer l'autre d'avis, dans la mesure où l'on a remarqué que nos comportements dépendent en grande partie de nos croyances.
Il est vrai que si ma croyance en l'importance de l'hygiène est très forte, il est probable que je me laverai souvent les dents, et que je serai prêt à accepter les autres croyances qui vont avec celle-ci, telle la peur des caries.
Je suivrai alors des comportements pour moi parfaitement rationnels ; par exemple je ne prêterai jamais ma brosse à dents, même à ma petite amie dont je connais pourtant par cœur le fond du gosier.

Mais, il est tout aussi vrai, que si je fais une randonnée de haute montagne avec des amis, et que je suis amené, pendant plusieurs jours, à rester " sale ", et sale de partout, je finirai par ajouter quelques nuances correctives à ma notion de " sale ", et j'augmenterai ma capacité à supporter des comportements déviants par rapport à ma croyance à l'importance de l'hygiène.

Le Territoire a entamé un morceau de la Carte.

Les tenants du béhaviorisme le plus pur, ou simplement les praticiens des thérapies comportementales, pensent que le changement de comportement entraîne quasi automatiquement des changements de croyances, donc parfois des guérisons.

Ce qui nous gêne dans ces deux conceptions opposées, c'est leur aspect encore linéaire ; l'un dit : la croyance entraîne le comportement, donc si l'on change la croyance le comportement changera ; l'autre dit l'inverse, c'est-à-dire la même chose.
Nous préférons dire que croyances (concepts, opinions, valeurs…) et comportements sont des éléments en interaction d'un même ensemble, l'être humain, dans son acception dynamique et systémique.

L'AR s'attaque rarement à des changements au niveau de la Carte. Car il est facile pour autrui de résister à toute tentative visible de le faire changer d'opinions.
Ou alors, il faut, plus qu'ailleurs utiliser des techniques de manipulation, afin qu'il ne s'aperçoive pas qu'on désire le faire changer.

Tout d'abord nous faisons une analyse thématique de la structure des concepts qui entourent la croyance que l'on veut éliminer ou déplacer : c'est la carte mentale ;
puis, nous repérons les concepts les plus fragiles ;
enfin, nous les désémantisons progressivement, pour leur faire perdre de leur puissance.
On le voit, on ne s'attaque presque jamais à la croyance elle-même, mais à son contexte abstrait. En quelque sorte, on ne touche pas au roi, mais on tue son armée en commençant par les soldats les plus fragiles. Jusqu'à l'échec et mat.


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