Exposé des cours - N°20 / page 3
 
p
Rôle de la linguistique dans la relation humaine
Historique, les principaux concepts, la grammaire générative

Brève histoire de la linguistique

Le créateur de la linguistique est Ferdinand de Saussure, était un véritable génie ; il était est né en Suisse. Il a totalement créé un corpus de concepts permettant
d 'analyser le langage de façon radicalement nouvelle, par l'observation extérieure, comme en ethnologie, et sans jugement normatif sur la qualité des textes produits.

Ses cours, auxquels assistaient peu de gens, mais la fine fleur des futurs linguistes s'intitule : Cours de linguistique générale (CLG). Il a été publié pour la première fois en 1915, a partir des notes de ses élèves. Il a été publié par les Editions Payot en 1973.

Voici les principaux concepts opérationnels inventés par de Saussure et exposés dans son Cours :

L'opposition Signifiant/Signifié

Pour de Saussure, le " signe linguistique " (ce que dans le langage profane nous appelons le mot) est formé de deux faces, comme les deux faces d'une pièce de monnaie :

Signifiant
Signe = ------------------
Signifié

Le signifiant est la " forme phonique " (le son) du mot prononcé ; le signifié est " l'image " (nous dirions aujourd'hui le concept) du mot que nous avons dans la tête au moment où nous l'entendons.

Ainsi le signe " cheval " est formé du signifiant ' cheval ' et du concept cheval, la représentation du mot que nous avons dans l'esprit quand nous entendons le mot.

Pour de Saussure, signifiant et signifié sont inséparables. Il n'y a pas de signifié sans signifiant (tous les concepts peuvent être représentés par des mots ?) et pas de signifiants sans signifiés. Tous les sons veulent dire quelque chose, du moins dans notre langue ; sinon évidemment, les mots entendus dans une langue étrangère que nous ne parlons pas du tout, sont des signifiants sans signifié.

Nous verrons plus loin la possibilité et l'intérêt de créer des signifiants sans signifiés (une langue nouvelle) qu'on appellent des logatomes.

L'arbitraire du signe linguistique

Le rapport signifiant/signifié est arbitraire, n'est pas motivé par une relation de sens : "La langue est une convention, et la nature du signe dont on est convenu est indifférente" (CLG, p. 26)

Il n'y a pas de raison d'appeler un cheval à l'aide du signifiant 'cheval' ; la preuve en est que les autres peuples l'appellent autrement : 'caballo', 'pferd', 'horse'...

Et c'est parce que le rapport signifiant/signifié est arbitraire qu'il n'y a pas de raison de le changer.
"Chaque peuple est généralement satisfait de la langue qu'il a reçue...L'arbitraire même du signe le met la langue à l'abri de toute tentative visant à la modifier" (CLG, p.106)
Avec comme conséquence favorable que la langue n'est jamais contestée : "La langue est, de toutes les institutions sociales celle qui offre le moins de prise aux initiatives" (CLG, p.107)


p