Exposé des cours - N°24 / page 2
 
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Les sciences cognitives ou quand nos raisonnements nous trompent, exemples

Dressons rapidement un panorama des principaux fonctionnements cognitifs erronés que nous commettons habituellement et qui nous conduisent irrémédiablement vers l'échec de nos entreprises.

La première erreur a déjà été étudiée par la Sémantique Générale : la généralisation abusive.
Nous généralisons en permanence, et cela ne provient pas de nos interactions.
Il est clair que je généralise tout seul, et que je n'ai besoin de personne pour m'aider ; je généralise dès le matin devant ma glace.

La généralisation est le premier des processus cognitifs que nous avons étudié, qui change la façon dont nous voyons le monde et nos relations.

La généralisation, dans la mesure où elle se situe à un niveau non-opérationnel, nous empêche de voir les nuances de ce qui se passe réellement, c'est pourquoi, elle est bel et bien une entrave à notre marche vers les solutions, qui, elles, sont toujours au niveau le plus concret.

Pour aller plus loin dans la découverte de nos processus cognitifs et pour découvrir en quoi ils nous perturbent plus que nécessaire, nous allons nous appuyer sur un livre extraordinaire que tout le monde devrait avoir lu (à condition de ne pas être déjà dépressif).
Il s'agit de : " La réforme du jugement ou comment ne plus se tromper " de Massimo Piatelli PALMARINI (voir biblio), un italien du MIT.
Ce livre traite essentiellement de nos tunnels mentaux, termes désignant les processus mentaux que nous mettons en branle de façon inconsciente, pour raisonner faux :
" Certaines représentations mentales sont souvent la cause première de nos comportements. "
" Même quand on a éliminé la malhonnêteté, l'égoïsme et le mensonge, les tunnels mentaux ne disparaissent pas encore. Ils sont la cause, nous le verrons, d'erreurs commises en toute bonne foi, que l'on ne peut de ce fait corriger qu'en prenant conscience des mécanismes élémentaires, souvent innés, de notre pensée. "

Pour Palmarini, à coté d'un inconscient affectif, il existe un inconscient cognitif :
" En ce qui concerne l'inconscient cognitif, il faudra le chercher dans les textes d'économie, à la bourse, dans les salles de jeux, les contrats d'assurance, les conseils d'administration, les cabinets médicaux, les mécanismes de manipulation de l'opinion, les fluctuations électorales, est partout où l'on prend des décisions en " situation d'incertitude" ".

Une deuxième erreur :
une des barrières que nous avons nous-mêmes dressées pour ne pas raisonner juste est celle de la rationalité abusive.
Les Français en particulier aiment à se dire cartésiens, mais si nous étudions les quatre points constitutifs de la méthode cartésienne, nous sommes rapidement convaincus qu'il n'en est rien.


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