Les sciences
cognitives ou quand nos raisonnements nous trompent, exemples
Nous
abusons de formules ronflantes du style :
" Après analyse de la situation, j'ai décidé que… ",
" En dernière analyse ",
" Après mûres réflexions et après avoir approfondi le sujet…
"
Mais où sont les méthodes de l'analyse auxquelles on fait référence
? Où est la profondeur des réflexions ? Quand on s'interroge sérieusement,
force est de constater que c'est juste une façon de dire. Une
façon de faire croire que nous sommes guidés par un raisonnement
infaillible, comme lorsque l'on dit aussi : " J'ai pesé le
pour et le contre… "
" " En raisonnant au flair ", de façon instinctive,
nous sommes parfaitement convaincus d'avoir suivi un véritable
raisonnement et défendons par conséquent avec vigueur la justesse
de nos intuitions et de nos conclusions. "
Le biais cognitif est ici de confondre une véritable analyse des
situations, avec de vagues cogitations en se rasant ? C'est pourtant
à ce moment-là, paraît-il, que se prennent les grande décisions,
en toute méconnaissance de cause. " Tiens aujourd'hui je vais
faire la guerre à l'Irak " a du se dire l'autre.
On
a vu en quoi l'AR élimine une partie de ce biais en nous apprenant
à pratiquer de vraies analyses de situation, et quand cette analyse
s'avère trop difficile ou impossible, à adopter un comportement
sain du type : si je ne peux pas analyser la situation, je n'y
pense plus.
Un
autre biais de raisonnement est celui qui confond causalité
statistique et causalité linéaire. On nous dit que fumer donne
le cancer du poumon, que la vitesse tue… mais sur le plan rationnel
c'est totalement faux.
Mais comme la plupart de gens n'est plus capable d'émettre de
jugement critique, nos gouvernants savent jouer sur cette confusion,
c'est un excellent moyen de nous manipuler.
La
raisonnement statistique dit que, sur un grand nombre de personnes,
il semble que les fumeurs souffrent plus souvent de cancers de
poumons que les non-fumeurs, qu'il y a plus d'accidents chez les
personnes qui roulent vite en voiture que chez les autres.
Cela peut s'exprimer par des chiffres, en pourcentages. On dira
par exemple que sur 100 fumeurs - à condition de s'entendre sur
le terme fumeur (combien de cigarettes par jour), il y aura 12
cancers du poumon contre 6 chez les non-fumeurs.
La différence ne porte que sur 6% de la population étudiée, et
n'autorise en rien la généralisation : fumer tue.
Outre le fait médical qui reste difficile à démontrer, personne
ne nous explique clairement comment le cancer va naître et croître
dans la poitrine d'un fumeur en particulier, et rien ne permet
de décider à l'avance, de façon sûre, que MOI, je vais
avoir le cancer PARCE QUE je fume.
Passer
du raisonnement statistique qui a toutes ses lettres de noblesse,
- bien que non exempt de critiques possibles -, au rapport de
cause à effet est un biais tellement fréquent que nous avons fini
par ne plus le voir.
Il me souvent d'avoir évoqué avec un chauffeur de taxi - reflet
fidèle du français moyen - la mort de mon oncle d'un cancer du
poumon, alors qu'il ne fumait pas. Il avait du mal à me croire
car pour lui : fumer conduit toujours au cancer du poumon et l'on
ne pouvait avoir le cancer du poumon si l'on ne fumait pas. Où
nous conduit l'intox !
D'ailleurs, pour faire un peu d'humour, si l'on nous dit que 40%
des accidents sont causés par des gens qui ont trop bu, on peut
raisonnablement conclure que 60% des accidents sont causés par
des gens sobres. Alors, buvons donc mes frères ! En quoi mon raisonnement
est-il plus faux que le leur ?