Les sciences
cognitives ou quand nos raisonnements nous trompent, exemples
Mais,
attention, un biais peut en cacher un autre. En effet, dire que
fumer ne donne pas le cancer du poumon, car la preuve en est que
mon oncle… est un autre biais tout aussi générateur d'idioties.
En effet, il faut comprendre une fois pour toutes qu'un exemple
ne prouve jamais rien, car un exemple peut toujours être contré
par un contre-exemple ; il n'est qu'une illustration de la thèse
que l'on veut défendre, pas une preuve. Avec les exemples, on
passe d'une Carte abstraite et généralisante à une carte plus
précise, plus proche du Territoire ; mais c'est tout.
Revenons
quelques instants sur les probabilités et les statistiques pour
montrer en quoi nous nous trompons presque toujours en évoquant
les chiffres.
La démonstration qui va suivre est difficile, mais elle est valable
quelles que soient les applications, aussi bien en santé, qu'en
politique qua dans tous les sujets dits d'actualité.
Elle montre que, lorsque nos gouvernants nous expliquent pourquoi
leurs lois coercitives sont faites pour notre bien, à l'aide de
résultats d'études complètement faux, ils oublient d'appliquer
le raisonnement qui suit.
Reprenons
notre Palmarini :
Au chapitre sur les illusions probabilistes, page 106 et sv, il
évoque le tunnel mental N°6 que voici :
" Un test clinique conçu pour diagnostiquer une maladie donnée
est positif pour un patient particulier. On nous dit que : a) La fiabilité de ce test est de 79 % ( ce qui donne un
taux de faux positifs de 21%) b) en moyenne cette maladie affecte 1% de la population
de la même tranche d'âge que le patient Compte-tenu de ces informations,
et en supposant que vous ne savez rien des symptômes ou signes
présentés par le patient, quelle est la probabilité qu'il ait
vraiment cette maladie ? "
Beaucoup
de gens répondent avec assurance : 79 %.
Ils confondent là encore les causes avec les probabilités. Ils
ne voient même pas l'intérêt de la question ;
les résultats du test n'ont-ils pas déjà donné la réponse juste
? Beaucoup de gens, la majorité d'entre nous, ne tiennent aucun
compte des informations données en b).
Qui sont pourtant fondamentales. Ce biais est appelé la négligence
des taux de base.
Et pourtant, on admet intuitivement ou non que la probabilité
d'avoir la maladie sera différente si celle-ci ne touche que 1%
des gens ou 50 %, et cela indépendamment du test diagnostic.
Si cette maladie ne frappe qu'un seul pourcent des personnes,
comment se fait-il que, du simple fait d'avoir passé le test,
je multiplie par 79% mes chances de la contracter. Etonnant, non
?
Et
pourtant, il existe une loi pour calculer scientifiquement le
risque exact d'avoir cette maladie :
c'est le théorème du chanoine BAYES (18ème siècle) et la bonne
réponse est :
7 % et non pas 79 %.
Quelle est cette fameuse loi de Bayes et que nous dit-elle ? On
va essayer de faire simple.
Elle permet de calculer les probabilités futures à partir des
probabilités passées.