Exposé des cours - N°25 / page 3
 
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Les techniques de l'engagement et
le problème de la manipulation

Changer ou manipuler ? ( suite )

Commençons par notre maître incontesté, Paul WATZLAWICK, qui dans " Changements, paradoxes et psychothérapie " dit :
" D'expérience, nous nous attendons à être accusés de " manipulation " et " d'insincérité " pour notre façon, tant pratique que conceptuelle d'aborder les problèmes humains. La " sincérité " est devenue depuis peu un slogan qui n'est pas dépourvu d'hypocrisie et qu'on associe confusément à l'idée qu'il existe une vue " juste " du monde, - en général sa propre vue. Cette notion de sincérité semble aussi laisser entendre que la " manipulation " est non seulement répréhensible, mais évitable. Malheureusement, personne n'a jamais pu expliquer comment s'y prendre pour l'éviter ".
(p. 14-15).

Et il ajoute plus loin, à l'intention des autres méthodes psy :
" L'analyste qui reste silencieusement assis derrière son patient allongé, ou le thérapeute " non directif " qui " ne fait que " répéter les paroles de son patient, exercent une influence colossale du seul fait de cette attitude d'autant plus qu'on la définit comme n'exerçant " aucune influence ". Le problème n'est donc pas d'éviter l'influence et la manipulation, mais de les comprendre mieux et de les utiliser dans l'intérêt du patient. "

Si ce n'est pas assez clair, nous pouvons citer Antoine MALAREWICZ, dans " Guide du voyageur perdu dans le dédale des relations humaines ", page 17 :
" Toute communication correspond à une forme de manipulation car aucune information n'existe en tant que telle… Il n'existe pas de situation de communication qui puisse prétendre à la neutralité. On ne peut éviter de chercher à persuader l'autre d'adopter, en tout ou partie, sa propre vision de tel ou tel fait… Le terme de manipulation, outre qu'il devrait perdre sa connotation péjorative, renvoie ici à la notion de technique… Il importe d'abandonner la vision naïve qui consiste à affirmer que communiquer ne relève pas de ces techniques et qu'il suffit de montrer sa bonne volonté pour s'entendre. Ces techniques sont basées au contraire sur des compétences qui s'acquièrent et se développent."

Ou encore Dominique BERIOT dans " Du microscope au macrocospe " :
" Ma réponse s'appuie sur le principe de Palo Alto : " nous ne pouvons pas ne pas influencer les autres ". Si nous les influençons de toute façon, et malgré nous, sans obtenir de résultats satisfaisants pour chacun, quel bénéfice apporte la spontanéité ? L'objectif est-il d'être naturel ou de faciliter l'échange ? Chacun a pu se rendre compte des méfaits de certains comportements spontanés ! Sachant que nous influençons nécessairement les autres, autant le faire de façon cohérente par rapport à notre objectif commun… L'aspect moral sous-jacent à ce type de comportement réside dans l'optique de celui qui utilise ces techniques de communication : agit-il exclusivement dans son intérêt personnel ou dans l'intérêt des deux parties ? " (p.97).

Ou encore Joule et Beauvois dans le " Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens " :
" Que ces phénomènes puissent être, ici ou là, à la base de pratiques manipulatoires, est-ce une raison pour n'en point parler ? Nous avons tranché. L'obscurantisme n'étant jamais la solution d'un problème déontologique, ou la pudibonderie, nous avons jugé bon d'appeler les choses par leur nom (le titre de l'ouvrage en témoigne) et de dire ce qu'elles sont. " (p.7)


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