Exposé des cours - N°26 / page 1
 
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Le zen et sa philosophie dans les relations,
le dernier des méta-critères

Nous verrons dans le cours pratique que l'un des critères de réussite de nos entreprises et de nos relations avec les autres, est notre capacité à rester calmes, voie même sereins en toutes circonstances.

Le détachement est l'un des critères observés au cours d'une analyse relationnelle ; c'est lui qui nous permet d'expliquer sans difficulté le principe de non-sincérité, et de voir ce qui se passe réellement sans interpréter. Le détachement est clairement un des critères du succès de nos entreprises relationnelles.

C'est pourquoi, à terme, un pratiquant de l'AR, ne peut continuer à ignorer les principes de base du zen et des philosophies orientales. Et cela d'autant moins que les créateurs de l' Ecole de Palo Alto (Grégory Bateson) comme de la Sémantique Générale (Korzybski) étaient proches des maîtres zen de l'époque.

Quand on évoque la prééminence du mouvant sur le fixe, quand on préfère Héraclite à Aristote, ou que l'on se penche sur les interactions entre les personnes plutôt que sur les personnalités des partenaires… on adopte la philosophie du zen, même sans le savoir. De nos jours où toute grande idée est rapidement broyée, malmenée, appauvrie, vulgarisée (dans le sens devenue vulgaire…) par les médias tout puissants, le mot Zen est dévoyé et finit par signifier des idées proches de décontraction, repos… qu'il n'avait absolument pas à l'origine.
" Sois belle et zen " est le titre d'une émission de télé !
" Rien n'est réellement statique. Et pourtant qu'essayons-nous de faire ? Que rien ne bouge ! Nous essayons de nous accrocher, de nous sentir en sécurité et sans inquiétude. L'ordre naturel des choses est de couler comme une rivière, mais le courant est si rapide, si changeant qu'il donne l'impression d'être instable. " (Merzel, 1993, p. 32) Que rien ne soit statique implique l'absence permanente de toute forme de sécurité, dans la vie.

La sécurité, ce bien suprême des occidentaux, avec l'argent et les loisirs, est une utopie dangereuse. Car toute vie est insécurité, " bienheureuse insécurité " comme le disait Alan Watts.
" La sécurité est ce que nous voulons plus que tout ! Une quantité connue, même un faux sentiment de sécurité, est plus confortable que de regarder en face la vérité de notre insécurité. " (Merzel, 1993, p. 59)
La sécurité, c'est aussi la sécurité que nous procure le fait de posséder un savoir confortable, le fait de posséder un ensemble de croyances et d'opinions sur les choses et les gens, qui nous rassurent, et nous permettent de reconnaître le terrain sur lequel nos marchons.
Or, la pratique du zen, au contraire, nous découvre, nous met à nu et nous avons froid ; il nous montre que nous ne savons rien, même s'il nous est difficile de l'admettre :
" Qu'est-ce que c'est donc que vous ne voudriez pas que quelqu'un découvre ? La même chose que tout le monde essaie de dissimuler avec tant d'effort et tant d'énergie : que vous ne savez pas ! Et qu'est-ce que vous ne savez pas ? Qui vous êtes, ce que vous êtes ! Une fois que vous pouvez admettre cela, vous pouvez même vivre confortablement avec le fait de ne pas savoir. " (Merzel, 1993, p. 72)

Le zen ne s'explique pas, ne se décrit pas. J'ai d'ailleurs, dans ma bibliothèque une centaine de livres sur le zen qui tous affirment que du zen on ne peut parler !
Ce n'est pas une contradiction, ni une boutade, mais hélas une nécessité.
En effet, si l'on veut qu'un esprit occidental puisse comprendre une telle philosophie ou simplement l'approcher sans réticence, il faut la lui enseigner à la mode occidentale : avec des paroles, qui puissent avoir un sens immédiat pour lui. C'est d'ailleurs ce que préconisait Taisen Deshimaru, le dernier grand maître zen, qui pensait que l'avenir du zen était en Europe, à condition que les Européens arrivent à créer un zen à leur mesure.
Le zen à l'origine s'enseignait d'esprit à esprit, sans paroles ou presque !


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