Exposé des cours - N°26 / page 2
 
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Le zen et sa philosophie dans les relations,
le dernier des méta-critères

Bien que je n'aie aucune qualité pour enseigner le zen (pour cela il faut aller suivre des shesin dans les dojo où se trouvent des maîtres autorisés à enseigner), je vais tenter de dépeindre les principales caractéristiques de cette philosophie en pointant essentiellement en quoi elle se rapproche de l'AR et des sources décrites plus haut, et, surtout, en quoi elle peut être fort utile aux pratiquants de l'analyse relationnelle, désireux d'améliorer la qualité de leurs relations avec autrui.

D'abord quelques mots d'historique.
Les grandes idées de ce qu'on appelle aujourd'hui zen, sont nées en Inde longtemps avant JC, puis ont émigré en Chine au 5ème siècle de notre ère en prenant le nom de Chan. A vrai dire, l'essentiel du zen est chinois ; la grande époque du chan, celle du célèbre monastère de Shao Lin, a duré du 5ème au 13ème siècle. Tous les grands textes du zen sont chinois.
C'est au 13ème siècle qu'un moine japonais, Dogen, ayant fait le voyage en Chine, a ensuite ramené le chan chez lui, au Japon, le zen en japonais.

On dit que les japonais sont des copieurs ; certes c'est une abominable généralisation. Mais, si c'est vrai, cela ne date pas d'hier comme on le voit.

Premier trait : ce qui frappe dès qu'on lit un livre sur le zen, ce sont les ressemblances avec la Sémantique Générale.
En effet, tous les textes zen nous disent que le zen ne peut s'expliquer, ni se décrire à l'aide de concepts, et que pour le comprendre, il faut d'abord le pratiquer, le vivre quotidiennement.

Or, pratiquer le zen, c'est rester assis en position dite de zazen, c'est, vue du côté de chez nous, ne rien faire. Mais seulement en apparence.
Le zen ce n'est pas un corpus de concepts, ni d'idées abstraites ; c'est une position corporelle, avant tout.
Pour les maîtres zen, rien n'existe en dehors de la pratique ; et toute réflexion, analyse, conceptualisation de cette pratique équivaut à du vent. Les philosophies de chez nous, pour un maître zen, sont comparables à du bruit avec la bouche. Rapellons que cette similitude avec la Sémantique Générale n'est pas fortuite, car Korzybski était, paraît-il, maître zen.

Beaucoup d'autres traits du zen découlent de cet aspect principal : la non-existence des concepts abstraits.

Non-existence des abstractions, c'est aussi non-existence des définitions ; toute définition fige la réalité qui est mouvante par nature :
" Menteur, voleur, mauvaise personne, bonne personne : tout cela implique des relations. Et que faisons-nous avec ces définitions ? Nous nous enchaînons. Comment ? L'acte de définition en soi crée une frontière. " (Merzel, 1993, p. 122)

Deuxième trait : le Moi, n'est lui aussi qu'un concept abstrait, il n'existe pas non plus.

Les actions quotidiennes, les efforts pour s'améliorer, ne sont pas niés par les adeptes du zen, mais ils n'y voient pas là l'œuvre d'un quelconque MOI, qui aurait des caractéristiques plus ou moins immuables :
" Qu'est-ce que c'est que tous ces trucs que nous appelons le moi ? Simplement nos propres opinions, idées, croyances, conceptions, goûts et dégoûts : j'aime cette fille, je déteste ce garçon ; je vaux ça, je ne vaux pas ça. Lorsque nous arrêtons de chérir de telles opinions cela s'appelle vider la coupe. " (Merzel, 1993, p. 98)


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