Les
plus connus, mais pas toujours les plus graves. Il s'agit d'un
désaccord d'opinion, au niveau de la Carte. Nous avons tous le
souvenir mémorable de ces disputes sans fin entre amis, dont l'un
a eu le malheur de ne pas voter comme l'autre, ou de ces disputes
sur des sujets divers et aussi fous que " l'égalité entre l'homme
et la femme ".
Le
problème qui se pose alors aux deux partenaires est celui, qui
leur semble fondamental, " d'avoir raison en démontrant à l'autre
qu'il a tort ".
Au passage, remarquons que cet objectif n'est presque jamais atteint,
et qu'à la fin de la dispute, chacun campe, plus que jamais sur
ses positions antérieures. Chaque partenaire utilise des procédés
rhétoriques variés tout autant qu'inconscients, chacun donne des
" exemples qui prouvent ", émet des " généralisations
abusives "…
Il
est à noter que, parfois, les deux partenaires ne sont en fait
en conflit qu'au niveau de la Carte ; une simple vérification
de ce qu'ils entendent concrètement au travers de mots abstraits
qu'ils utilisent leur permettrait de constater qu'ils sont en
fait totalement d'accord.
Voici
un exemple de dispute entre deux stagiaires de la Méthode Relatio.
Le premier, un homme d'âge mûr partisan apparemment d'une éducation
autoritaire ; l'autre, une jeune femme partisane d'une éducation
libérale. Notons qu'il s'agit là de mots employés par eux-mêmes
pour se définir.
La
discussion porte sur un sujet d'importance nationale : " Faut-il
obliger les enfants à finir ce qu'ils ont dans leurs assiettes
? "
Bien sûr, lui dit : oui, et elle dit : non.
Et les choses s'enveniment rapidement, car tous les concepts appelés
à la rescousse semble les séparer : autorité, respect de l'adulte,
suivi dans la décision, prendre ses responsabilités… Ils allaient
en venir aux mains lorsque nous avons décidé de les séparer, en
leur faisant remarquer que personne n'avait pensé à demander quelques
informations au sujet du contexte concret.
En
fait, l'homme qui commençait à se targuer d'adopter une éducation
autoritaire avaient des enfants de plus de quinze ans, pendant
que la jeune femme libérale avaient de tous jeunes enfants. Rapidement,
elle a reconnue qu'avec des enfants de quinze ans elle ferait
comme lui, et lui s'est souvenu qu'il laissait les enfants manger
ce qu'ils voulaient quand ils étaient plus jeunes. En fait, il
n'y avait aucun désaccord entre eux sur ce sujet. Le conflit n'était
qu'apparent, et nous venons de voir que la meilleure façon de
dégonfler les conflits apparents, est de montrer qu'au niveau
du territoire, ils n'existent pas. Ce qui montre bien qu'on peut
fort bien parler de ce qui n'existe pas.
Laissons-là nos deux amis, nous les retrouverons tout à l'heure.
2. Conflits de territoire
Tout
d'abord les conflits de " congruence comportementale "
Il
s'agit de désaccords sur la façon de mener concrètement des activités
concrètes. En apparence souvent des petits conflits, mais ils
peuvent empoisonner toute une vie. On peut se battre au sujet
de la façon de presser le tube dentifrice, de la façon de s'asseoir
au restaurant, ou encore de quel côté du lit on veut dormir.
Si
ces conflits apparaissent dans un contexte général de paix et
d'entente mutuelle, ils disparaissent assez facilement, soit par
le changement de celui qui a été désigné comme " fautif
" : on range le tube dentifrice et on n'en parle plus, soit par
" recadrage " du plaignant qui se dit que, finalement ça
n'a pas tellement d'importance.
Mais,
souvent ces conflits resurgissent ou apparaissent, justement,
parce que la relation se détériore, et ce qu'on supportait facilement,
voire même que l'on trouvait charmant, sa façon, à elle, de laisser
traîner ses petites culottes, ou sa façon, à lui, de semer les
cendres de sa pipe sur le tapis, nous devient subitement insupportable.
Il
faut savoir reconnaître les authentiques conflits de territoire
(Aimer ou ne pas aimer les concombres), et les conflits prétextes
qui ne sont que des projectiles que l'on s'envoie à la figure
pour régler un conflit d'une autre nature.