Il
est clair que deux personnes briguant la même chose : la même
promotion, la même femme, le même poste, entreront en conflit.
Il est clair que le conflit, aussi violent soit-il, pourra rapidement
cesser par la réussite, donc l'échec de l'autre. Ce sont des conflits
dont la théorie des jeux nous dit qu'ils sont à " somme nulle
" : les gains de l'un sont égaux aux pertes de l'autre.
Le
conflit pourra également cesser par la négociation qui permettra
aux deux compères de se contenter chacun d'une demi-réussite ou
d'un demi-échec, selon la façon dont on voit le problème.
Le
conflit pourra également cesser par la manipulation de l'un qui
amènera l'autre, ou bien à ne plus vouloir atteindre son objectif,
ou bien à croire qu'il l'a déjà obtenu.
Mais
le conflit, bien que simple, pourra perdurer une vie entière,
comme on le voit dans ces vieux couples qui se disputent toute
leur vie sur des sujets aussi futiles que " Où aller en vacances
? ", et comme personne ne veut céder, finissent toute leur
vie par aller dans des endroits qu'ils n'aiment ni l'un ni l'autre.
4. Conflits de ponctuation
Une
quatrième sorte de conflits, toujours au niveau du territoire,
ce sont les conflits de " ponctuation ". C'est le jeu le
plus stupide qui soit en apparence, du type " c'est pas moi
qui ai commencé ", mais c'est le jeu dont il est le plus difficile
à sortir.
Nous
ne connaissons que deux solutions : faire appel à un tiers qui
fera prendre conscience aux belligérants qu'ils ne font pas commencer
le conflit au même endroit de la chaîne temporelle, avec le danger
que les belligérants en question ne se liguent contre le tiers,
qui, manifestement, ne dit que des conneries, puisqu'il ne donne
ni raison ni tort à personne : il ne prend pas partie, ce lâche
!
La
deuxième solution suppose que l'un des partenaires admettent -
c'est-à-dire fasse semblant d'admettre - le point de vue de l'autre,
et le conflit cesse immédiatement. Cela vaut parfois la chandelle
de passer, très momentanément, pour un faible, voire même très
légèrement de perdre la face en avouant avoir tort.
Si
le conflit ne cesse pas, c'est, comme pour tous les autres cas
de figures, qu'il résidait ailleurs.