Exposé des cours - N°28 / page 4
 
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La typologie des conflits et leur gestion

5. Conflits de niveau d'abstraction

Nous avons deux sortes de conflits, plus difficiles à reconnaître dans la vie de tous les jours, ceux qui portent sur un décalage sémantique entre les deux partenaires, l'un parlant en termes général (Carte), l'autre en termes concrets (Territoire), ou encore l'un en termes de contenu l'autre en termes de relation.

Un certain nombre de personnes se situent essentiellement au niveau des théories et abstractions ; d'autres au contraire, ne comprennent que les exemples, et ont du mal à généraliser.
Il est assez fréquent, que l'on développe un discours abstrait sur soi-même assez dissonant par rapport aux faits de la vie quotidienne ; les autres - et les conjoints sont forts avisé sur ces points - le voient tout de suite.
Qui se dit accueillant et qui ne veut pas voir la belle-mère ; qui se dit peu autoritaire et qui impose chaque année le lieu des vacances ; qui se dit libéral, et qui milite pour la peine de mort…

Il peut s'agir d'un conflit entre moi et moi, mais fort malheureusement pour le changement il est rare de s'apercevoir seul des dissonances entre ce que nous prônons et ce que nous faisons ; et quand les autres s'en chargent, il est rare que nous reconnaissions le bien-fondé de leurs critiques ou il est rare que nous l'admettions avec plaisir.

En ce qui nous concerne, nous avons rencontré un certain nombre de ces dissonances, ou conflits de niveaux. Par exemple, alors qu'il ne nous serait jamais venu à l'idée de nous désigner comme " conciliant ", une analyse territoire des relations les plus fréquentes, a fait apparaître dans des interactions fréquentes et répétitives, des actes que l'on pouvait facilement désigner comme des actes de conciliation envers autrui. Pour nous, ils clair, le territoire a parlé ; la carte n'a plus qu'à se taire.

Les conflits de confusion entre contenu et relation ont déjà été abordés. Il est fréquent que les couples par exemple se chamaillent autour d'un point précis de contenu, alors que le grief se situe au niveau de la relation. Ils n'en sont souvent pas conscients, mais, même s'ils en sont conscients cela ne résoudra pas pour autant le conflit, mais le transformera simplement en conflit d'une autre nature.

Par exemple, une simple demande d'information peut toujours être comprise par l'autre comme un ordre ; notre phrase fétiche en témoigne :
LUI : Chérie, où as-tu mis mes pantoufles ?
ELLE : Je ne suis pas ta bonniche !

Nous travaillerons souvent ce type de phrase, et ce type de malentendu dans notre cours.

Ce type de conflit, possède une particularité curieuse qui apparaît quand un tiers montre, de façon indiscutable, que l'un des partenaires a tort, sur le plan du contenu. Le conflit est en apparence résolu, mais en apparence seulement dans la mesure où le conflit contenu ne faisait que cacher le conflit relation (où l'un voit qu'un conflit peut en cacher un autre), et le partenaire qui a perdu ressent une bizarre impression de rage du type : " Tu as gagné, mais tu as tort d'avoir raison, et de toutes façons je t'aurai sur un autre sujet ".

C'est pourquoi ce type de conflit peut se prolonger en s'apparentant à un conflit de type ponctuation ; le jeu n'est pas fini, c'est au perdant de jouer le prochain coup.


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