Nous
avons deux sortes de conflits, plus difficiles à reconnaître dans
la vie de tous les jours, ceux qui portent sur un décalage sémantique
entre les deux partenaires, l'un parlant en termes général (Carte),
l'autre en termes concrets (Territoire), ou encore l'un
en termes de contenu l'autre en termes de relation.
Un
certain nombre de personnes se situent essentiellement au niveau
des théories et abstractions ; d'autres au contraire, ne comprennent
que les exemples, et ont du mal à généraliser.
Il est assez fréquent, que l'on développe un discours abstrait
sur soi-même assez dissonant par rapport aux faits de la vie quotidienne
; les autres - et les conjoints sont forts avisé sur ces points
- le voient tout de suite.
Qui se dit accueillant et qui ne veut pas voir la belle-mère ;
qui se dit peu autoritaire et qui impose chaque année le lieu
des vacances ; qui se dit libéral, et qui milite pour la peine
de mort…
Il
peut s'agir d'un conflit entre moi et moi, mais fort malheureusement
pour le changement il est rare de s'apercevoir seul des dissonances
entre ce que nous prônons et ce que nous faisons ; et quand les
autres s'en chargent, il est rare que nous reconnaissions le bien-fondé
de leurs critiques ou il est rare que nous l'admettions avec plaisir.
En
ce qui nous concerne, nous avons rencontré un certain nombre de
ces dissonances, ou conflits de niveaux. Par exemple, alors qu'il
ne nous serait jamais venu à l'idée de nous désigner comme " conciliant
", une analyse territoire des relations les plus fréquentes, a
fait apparaître dans des interactions fréquentes et répétitives,
des actes que l'on pouvait facilement désigner comme des actes
de conciliation envers autrui. Pour nous, ils clair, le territoire
a parlé ; la carte n'a plus qu'à se taire.
Les
conflits de confusion entre contenu et relation ont déjà été abordés.
Il est fréquent que les couples par exemple se chamaillent autour
d'un point précis de contenu, alors que le grief se situe
au niveau de la relation. Ils n'en sont souvent pas conscients,
mais, même s'ils en sont conscients cela ne résoudra pas pour
autant le conflit, mais le transformera simplement en conflit
d'une autre nature.
Par
exemple, une simple demande d'information peut toujours être comprise
par l'autre comme un ordre ; notre phrase fétiche en témoigne
:
LUI : Chérie, où as-tu mis mes pantoufles ?
ELLE : Je ne suis pas ta bonniche !
Nous
travaillerons souvent ce type de phrase, et ce type de malentendu
dans notre cours.
Ce
type de conflit, possède une particularité curieuse qui apparaît
quand un tiers montre, de façon indiscutable, que l'un des partenaires
a tort, sur le plan du contenu. Le conflit est en apparence résolu,
mais en apparence seulement dans la mesure où le conflit contenu
ne faisait que cacher le conflit relation (où l'un voit qu'un
conflit peut en cacher un autre), et le partenaire qui a perdu
ressent une bizarre impression de rage du type : " Tu as gagné,
mais tu as tort d'avoir raison, et de toutes façons je t'aurai
sur un autre sujet ".
C'est
pourquoi ce type de conflit peut se prolonger en s'apparentant
à un conflit de type ponctuation ; le jeu n'est pas fini, c'est
au perdant de jouer le prochain coup.