Les applications
de l'AR dans
la vie personnelle et professionnelle
Nous
avons vu que pour nous, la partie la plus importante des mécanismes
de communication, se situent au niveau du Territoire ; nous pouvons
assez bien nous définir et nous décrire en termes d'actions, d'envie
et d'émotions diverses.
On
aimerait pouvoir dire ce que l'on fait et ce que l'on pense de
ce que l'on fait de façon naturelle. Du territoire à la carte,
sans passer par des censures au niveau du langage. Or, nous avons
vite appris, quelque fois à nos dépens que toute vérité n'est
pas bonne à dire, et l'on peut constater que moins de la moitié
de nos paroles prononcées en société peuvent être qualifiées de
sincères. Il y a donc un décalage plus ou moins important selon
les individus, entre, d'une part le bloc : ce que l'on fait -
ce qu'on en pense (le bloc territoire - carte) et d'autre part
ce que l'on en dit.
Les
règles de la politesse ne nous disent pas comment il est bon de
penser, mais ce qu'il est bon de dire en telle ou telle circonstance.
On ne dit pas, à la clinique devant le bébé de sa meilleure amie
: " Mon Dieu, comme il est moche ! ", même si on le pense.
Le
" politiquement correct " est né d'une extension de la
politesse ; c'est la politesse vis à vis des abstractions, et
non plus vis à vis des personnes. Le politiquement correct est
arrivé récemment en France, probablement sur des vaisseaux yankees.
En quoi cela consiste : des interdictions à dire certaines choses
concernant certaines catégories de gens considérés en tant que
peuples, ou catégories sociales à protéger.
Le
mal a commencé avec les termes abstraits qui sont venus remplacer
les bons mots simples.
Dans un temps antérieur (lire un journal des années 50, type France-Soir
pour se rendre compte que ce temps n'est pas si ancien que cela),
on parlait de clodos, de la bonne, du balayeur, du " boueux
", et personne ne s'en offusquait ; en ce temps-là, les tickets
s'appelaient encore tickets et non pas " titres de transport
", et les prisonniers ne formaient pas encore la " population
carcérale ".
Maintenant,
le liste de ce qu'on n'a pas le droit de dire s'allonge régulièrement
; l'interdiction est parfois élevée au rang de délit. On n'a pas
le droit de critiquer certaines catégories de peuples ; on n'a
même plus de droit de parler de " race ". Certains esprits
savants ont cherché à éradiquer le problème en amont en nous apprenant
qu'au niveau biologique, il n'y a pas de race, au détriment du
bon sens populaire. Il va même bientôt falloir que je fasse piquer
mes chats, car ils continuent à avoir peur du chien du voisin
; j'ai beau leur expliquer que c'est du racisme, ils s'entêtent.
Il
est intéressant de suivre l'évolution de certaines appellations
;
par exemple, un Noir, était encore un " nègre " ou un "
négro " au début de ce siècle, puis un Noir ;
ensuite on a cherché à cacher sa " négritude " (comme diraient
nos intellectuels) en l'appelant " personne de couleur
" ; maintenant, on dit " black ".
Au passage, remarquez comme la langue est bizarre, ou comme sont
bizarres ceux qui la parlent : " black " est le mot politiquement
correct pour parler de ceux qui ont la peau noire, " Noir
" est un peu trop cru, mais " Négro " est carrément une
insulte.
Les trois termes voulant dire la même chose mais dans des langues
différentes !
Le
politiquement correct va gagner tous les domaines de notre vie
quotidienne.
Un
domaine où il va faire " fureur ", c'est celui de l'égalité
des sexes. Mais laissons cela de côté pour l'instant, je tiens
à passer une soirée tranquille.