Exposé des cours - N°5 / page 1
 
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le monde de la Carte, Aristote, les dualismes,
la mono causalité linéaire, le passé qui explique

a) La logique aristotélicienne et ses dégâts

La Carte est un domaine dangereux, car elle nous fait croire qu'à une cohérence au niveau des concepts, correspond à une cohérence semblable au niveau des faits ; elle nous fait croire aussi que cette cohérence est une preuve de la justesse de nos thèses.

Or, il n'en est rien. On peut jouer sans fin avec les concepts abstraits : une de leurs particularités est de se laisser faire sans jamais protester. Un philosophe peut créer n'importe quelle type d'idéologie ; il ne se blessera jamais avec ses outils.

Les concepts abstraits s'autovalident entre eux. La preuve de l'un est la présence des autres. Du moins, c'est une croyance généralement répandue, mais fausse.

La Carte classe, nomme et sépare le réel en catégories ; par là, elle tue la vie, le mouvement, en lui donnant des noms, des étiquettes lourdes à porter comme des valises trop remplies.

Nous raisonnons essentiellement à l'aide de la logique aristotélicienne. Il faudrait un cours complet pour cela, mais disons simplement ici que cette logique s'articule autour de trois principes :
- Le principe d'identité : A est A ; la démocratie c'est la démocratie.
- Le principe de non-contradiction : A n'est pas non-A ; la démocratie n'est pas la dictature...
- Le principe du tiers-exclu : une chose est A ou non A ; on est en démocratie ou en dictature...il n'y a pas de troisième solution.

D'où l'attirance inconsciente de beaucoup de créatifs pour les troisièmes voies, les " troisièmes dimensions " quand ce n'est pas pour les " troisièmes sexes ". C'est une façon de s'évader de ce carcan dit rationnel et liberticide.

La logique aristotélicienne est un carcan qui a engendré, d'une part la logique binaire qui est la nôtre, mais aussi notre vision " booléenne " de la réalité. La logique aristotélicienne nous entraîne à voir des objets distincts, et nous ne savons plus découvrir les aspects " continus " des objets, des faits et des relations qui nous entourent.

Grâce à la logique aristotélicienne - ou plutôt par sa faute - nous voyons comment les choses et les idées se ressemblent, et si elle ne se ressemblent pas, nous disons qu'elles sont différentes, car elles ne peuvent être que semblables ou différentes, en vertu du principe du tiers exclu…

Ainsi, notre grammaire de la carte s'articule autour des mots-outils comme :
" égal à.. ", " différent de ... ", " découle de... ", " s'oppose à... " qui donne à la présentation de nos croyances une apparence de cohésion et de preuves, apparence dans laquelle la plupart d'entre nous nous faisons piéger.


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