le monde
de la Carte, Aristote, les dualismes,
la mono causalité linéaire, le passé qui explique
a) La logique aristotélicienne
et ses dégâts
La
Carte est un domaine dangereux, car elle nous fait croire qu'à
une cohérence au niveau des concepts, correspond à une cohérence
semblable au niveau des faits ; elle nous fait croire aussi que
cette cohérence est une preuve de la justesse de nos thèses.
Or,
il n'en est rien. On peut jouer sans fin avec les concepts abstraits
: une de leurs particularités est de se laisser faire sans jamais
protester. Un philosophe peut créer n'importe quelle type d'idéologie
; il ne se blessera jamais avec ses outils.
Les
concepts abstraits s'autovalident entre eux. La preuve de l'un
est la présence des autres. Du moins, c'est une croyance généralement
répandue, mais fausse.
La
Carte classe, nomme et sépare le réel en catégories ; par là,
elle tue la vie, le mouvement, en lui donnant des noms, des étiquettes
lourdes à porter comme des valises trop remplies.
Nous
raisonnons essentiellement à l'aide de la logique aristotélicienne.
Il faudrait un cours complet pour cela, mais disons simplement
ici que cette logique s'articule autour de trois principes :
- Le principe d'identité : A est A ; la démocratie c'est la démocratie.
- Le principe de non-contradiction : A n'est pas non-A ; la démocratie
n'est pas la dictature...
- Le principe du tiers-exclu : une chose est A ou non A ; on est
en démocratie ou en dictature...il n'y a pas de troisième solution.
D'où
l'attirance inconsciente de beaucoup de créatifs pour les troisièmes
voies, les " troisièmes dimensions " quand ce n'est pas pour les
" troisièmes sexes ". C'est une façon de s'évader de ce carcan
dit rationnel et liberticide.
La
logique aristotélicienne est un carcan qui a engendré, d'une part
la logique binaire qui est la nôtre, mais aussi notre vision "
booléenne " de la réalité. La logique aristotélicienne nous entraîne
à voir des objets distincts, et nous ne savons plus découvrir
les aspects " continus " des objets, des faits et des relations
qui nous entourent.
Grâce
à la logique aristotélicienne - ou plutôt par sa faute - nous
voyons comment les choses et les idées se ressemblent, et si elle
ne se ressemblent pas, nous disons qu'elles sont différentes,
car elles ne peuvent être que semblables ou différentes, en vertu
du principe du tiers exclu…
Ainsi,
notre grammaire de la carte s'articule autour des mots-outils
comme :
" égal à.. ", " différent de ... ", " découle
de... ", " s'oppose à... " qui donne à la présentation
de nos croyances une apparence de cohésion et de preuves, apparence
dans laquelle la plupart d'entre nous nous faisons piéger.