le monde
de la Carte, Aristote, les dualismes,
la mono causalité linéaire, le passé qui explique
b) Le monde des dualismes
Le
tiers-exclu, c'est le monde des dualismes, des " soit oui, soit
non " des " tu as tort ou raison ", un monde sans nuances où,
pour réintroduire la souplesse du vivant, il sera nécessaire d'inventer
de nouveaux concepts, que l'on nous présentera comme des découvertes.
Ce qui a fait dire à un philosophe ancien que toute philosophie
n'est en fin de compte que du bruit avec la bouche.
C'est
un exercice amusant que de découvrir, pour chacun d'entre nous,
les principaux dualismes auxquels nous nous référons pour décrire
notre environnement. Certains d'entre eux sont inoffensifs dans
la mesure où le dualisme est dans la nature : nous avons tous
- ou presque - une jambe droite et une jambe gauche, deux oreilles,
deux bras, deux... et souvent un à droite et un à gauche. Ainsi,
la symétrie visuelle est dans la nature, et peut expliquer en
partie notre engouement pour la symétrie des idées, symétrie mentale,
intellectuelle.
Mais,
un grand nombre de dualismes auxquels nous croyons, sont extrêmement
dangereux, car ils nous engagent sur des voies concrètes en impasse.
Prenons seulement quelques exemples, car encore une fois un livre
n'y suffirait pas : l'opposition quantitatif - qualitatif, l'inné
et l'acquis, la santé et la maladie, la démocratie et la dictature,
le bonheur et le malheur...
Il
appartiendra aux exercices de l'AR de montrer par quels chemins
échapper à ces dualismes - prisons.
c) Le monde de la causalité
linéaire
Dans
le monde du Territoire, dont il faut rappeler à chaque fois qu'il
nous est impossible à représenter, les milliers de faits et d'événements
quotidiens se succèdent, tout est complexe, mouvant, et changeant...Et
nos cartes, pour tenter de décrire ce qu'elles voient et comprennent
ne peuvent que le simplifier.
Une
terrible simplification est d'appliquer le rapport de cause à
effet entre deux événements.
Il
est possible que la notion de causalité soit dans la nature, il
est possible que la recherche du pourquoi soit antérieure à notre
réflexion consciente ; c'est la thèse de HUME, et celle de nos
petits enfants avec leurs " Pourquoi ? " incessants.
Il n'empêche que la causalité linéaire, c'est-à-dire la causalité
selon laquelle l'événement A est la cause de B, si - et seulement
si ? - B a l'habitude de suivre dans le temps l'événement A, est
une terrible simplification explicative d'événements en réseau,
dont la description est trop complexe pour être modélisée à l'aide
du langage courant.
On
est tenté de dire, pour faire un agréable raccourci, que le Pourquoi
intervient quand la description du Comment semble impossible,
ou seulement trop difficile.