le monde
de la Carte, Aristote, les dualismes,
la mono causalité linéaire, le passé qui explique
d) La logique binaire,
disjonctive
Nous
venons de voir l'emprise sur nos esprits du " tout l'un ou tout
l'autre ". Cette logique binaire ne peut nous amener qu'à classer
les choses, les gens, les faits.
A
partir du moment où je vois que A est différent de B, il me devient
difficile de voir en quoi A et B se ressemblent. Il me sera facile
au contraire de classer ces deux éléments dans deux tiroirs séparés,
et chacun, isolé dans son tiroir attendra, mais pas longtemps,
les autres éléments que je ne manquerai pas de ranger avec eux.
Et c'est encore un des dangers de la carte, que cette tendance
qu'elle a de remplir en priorité les tiroirs déjà existants. Si
je n'ai que deux tiroirs, un pour mes chaussettes et un pour mes
chemises, j'aurai tendance à ranger les slips avec les chaussettes
et les cravates avec les chemises, créant par là même, sans m'en
apercevoir, un nouveau classement de mes vêtements en deux grandes
catégories. Pour les chaussettes, ce n'est pas grave, mais qu'en
est-il d'une entreprise qui classe ses employés en deux grandes
catégories : ceux qui pourront évoluer et les autres ? Ou d'une
société qui classe les citoyens en bons et méchants.
Rappelons la boutade de Paul Watzlawick : " Il y a deux sortes
de gens, ceux qui croient qu'il y a deux sortes de gens et les
autres ". Ou encore celle-ci, d'Abraham Maslow : " Quand
je n'ai qu'un marteau, tous les problèmes deviennent des clous
".
On
peut dire sans grand risque d'être contredit, que tout classement,
comme toute explication linéaire, possède le travers fondamental,
d'être une porte ouverte à l'arrêt de toute recherche.
J'ai classé, j'ai expliqué le pourquoi de tel événement ; on n'en
parle plus. On ne cherche plus d'autres causes éventuelles. J'ai
mon coupable.
Et,
comme la plupart d'entre nous possédons une certaine intelligence,
nous voyons bien que ce que nous appelons la réalité est plus
complexe que nos classifications, que nos explications par la
cause unique.
Alors,
nous inventons des relations entre les tiroirs, nous jetons des
ponts entre les sciences, entre les conceptions antagonistes,
entre les catégories d'individus. Par exemple, comme nous le verrons,
une fois classées dans deux tiroirs deux réalités aussi dissemblables
que le physique et le psychique, nous inventons des relations
entre ces deux notions en engendrant le… psychosomatique.