Avant
toute chose, rappelons que, ni la communication linéaire, ni la
communication cyclique ne sont des réalités concrètes, elles n'existent
pas dans la nature ; il ne s'agit là que de deux concepts, deux
principes descriptifs d'une même réalité : ce qui se passe entre
A et B appartient au Territoire, et que nous ne pouvons atteindre
sans faire appel à des concepts de la Carte.
Les schémas, linéaires ou cycliques, ne sont que des modèles d'une
certaine réalité, et non pas la réalité elle-même.
En
fait, nous utilisons les deux modèles, pour décrire nos activités,
selon la nature de nos relations.
Quand nous faisons une conférence devant plusieurs centaines de
personnes et qu'il n'est pas prévu que celles-ci puissent réagir
à nos propos, ou quand nous racontons notre vie à notre nouvelle
petite amie, nous sommes proches du modèle linéaire. Du moins,
tant que l'autre se tait, et que nous monologuons.
Toutefois,
dans ce cas, en Méthode Relatio, nous disons qu'il n'y a pas de
communication, au sens relationnel qui nous intéresse.
Car communiquer suppose des interactions interindividuelles entre
deux ou plusieurs personnes, donc ce terme décrit des situations
essentiellement basées sur le dialogue.
Voici,
rapidement, les principales différences entre le deux types de
communication :
1.
Abstrait : Concret
"
On considère naïvement comme allant de soi que lorsque le nom
de quelque chose existe, la "chose" ainsi nommée doit aussi exister.
", PW, Les cheveux du baron de Münchhausen, 1991, p.87
Or, la communication linéaire se décrit à l'aide de concepts nommés.
On parle de modestie, d'intelligence, d'autoritarisme, de démocratie,
comme s'il s'agissait d'objets réels existant dans la nature.
On nomme et croit que la chose nommée existe ; en ce sens, il
est clair comme nous le verrons plus loin que le langage peut
créer la réalité, autant qu'il la décrit, à condition qu'on ne
s'arrête pas à la définition usuelle de la réalité : ce que l'on
peut nommer.
On
l'a déjà évoqué : la communication orchestrale décrit une partition,
pendant que la communication linéaire prétend pouvoir parler de
musique en général. En entreprise, on évoque le meilleur argumentaire,
on mesure l'impact d'une publicité nationale sur les ventes et
sur la notoriété ; on cherche le concept génial qui fera éclater
les ventes.
En
communication cyclique, on construit le dialogue qui déclenchera
chez Monsieur X, l'acte d'achat, ou chez Mademoiselle Y, l'envie
de venir voir nos courbes...informatiques. Certes, le contenu
de ce dialogue peut s'articuler autour de ce qui a été précédemment
conçu comme le message le plus performant, mais il sera adapté
à chaque interlocuteur, non pas en fonction d'une quelconque typologie
définie de façon générale et abstraite, mais en fonction de ce
qui vient de se passer dans l'interaction concrète avec lui, ici
et maintenant.
On
comprend pourquoi la communication orchestrale, dans une entreprise,
est immédiatement comprise et adoptée par les forces de vente,
alors qu'il sera plus difficile de la faire admettre à des gens
qui, comme ceux du service marketing, ont l'habitude de rester
dans leur bureau, et qui ne peuvent, en conséquence, que traiter
les problèmes de façon générale.
La
communication cyclique permet de construire un marketing de clientèle,
un marketing de la relation, alors que la communication linéaire
aboutit à un marketing de masse.