Le
dialogue est certes bien antérieur à la découverte de la cybernétique,
dans les années 1950.
Mais avant elle, le dialogue se décrivait, à l'aide du schéma
linéaire, en disant que, tour à tour chaque partenaire passait
du rôle d'émetteur à celui de récepteur.
Dans ce cas, nous préférons parler de monologues croisés.
Le dialogue se décrit comme une suite de tours de parole.
Dans
le dialogue, tel que le conçoit la communication orchestrale,
il n'y a pas de rupture dans la chaîne de communication, les interlocuteurs
restent en scène en permanence, et sont en permanence émetteurs
et récepteurs. Pendant que l'un parle, l'autre fait la grimace
et cela influence les paroles du premier. Un dialogue vrai est
permanent, le silence de l'un est rarement totalement passif.
On dit dans ce cas que la relation est co-produite par les partenaires.
Les hautbois regardent la partition et participent à la symphonie,
même quand ils ne jouent pas, en apparence.
De
plus, le dialogue est basé sur l'idée que chaque message émis
par l'un des partenaires peut être considéré comme une réaction
aux propos précédents de l'autre, et ainsi de suite.
Pour
reprendre l'analogie de Palo Alto, en communication linéaire chaque
instrument joue, à tour de rôle, sa partie, alors que en communication
cyclique, plusieurs instruments jouent en même temps : c'est un
orchestre.
4.
Concept / Processus
Du
fait même que la communication linéaire est faite pour véhiculer
de l'abstrait et la cyclique du concret, on comprend que l'une
nous fournit des Concepts, opinions, théories… et l'autre des
Faits.
D'une
façon générale, la communication classique se définit à l'aide
de concepts, plus ou moins abstraits. La communication définie
comme le passage d'un message ou d'une information d'une personne
à une autre, cherchera des explications générales sur le pourquoi
des déperditions d'information, et sur les pourquoi des réactions
de l'autre à telle ou telle communication.
En
entreprise, quand un message ne donne pas les effets attendus,
une vente suffisante des produits, on va chercher dans les messages
eux-mêmes les raisons de l'échec, et l'on change les messages,
et souvent, par voie de conséquence on change aussi les responsables
de ces messages insuffisants.
La
communication classique est largement tributaire des explications
d'origine psychologique : on cherche à communiquer en motivant
le partenaire, en argumentant pour qu'il fasse ce qu'on souhaite
lui voir faire. Au contraire, la communication orchestrale se
contente de lire les partitions, elle dévoile comment fonctionne
la communication, à quels endroits les flux se perdent, et par
quels chemins et quels processus (au pluriel) les messages se
transforment pour atteindre ou non leurs objectifs.
A
ce titre, on peut dire que la communication cyclique, qui étudie
essentiellement des engrenages, traitera des séquences précises
de communications, interactions verbales, dialogues vendeurs -
clients, scènes de ménage, sans avoir automatiquement le désir
de généraliser en philosophant sur la communication en général.