L'adjectivogramme
est donc une grille de 277 adjectifs exprimant des positions relationnelles
; ils sont issus des termes les plus fréquemment utilisés en français
pour désigner et juger autrui comme soi-même, pour parler et définir
nos relations avec les autres.
Il ressemble en cela à un nième test de personnalité, mais nous
verrons dans la suite du programme qu'il n'en est rien et qu'il
est très différent des autres tests par sa finalité même.
Une
des façons préférées de nos contemporains de se décrire et de
décrire les autres est d'utiliser des jugements exprimés en termes
généraux, qui sont souvent des adjectifs. On dit de l'autre qu'il
est susceptible, arrogant… et que je suis compréhensif
et bon, heureusement… C'est ainsi que la plupart des gens
décrivent la relation entre A et B. Et l'on a déjà abordé la critique
de cette façon de penser dans la description d'une interaction,
vue par la méthode AR.
Les
personnes passant le test dit de l'adjectivogramme se situent
par rapport à ces 277 adjectifs, en cochant ceux pour lesquels
ils disent : " Oui, ça c'est bien moi ".
C'est le test simple qui répond à l'inévitable question : "
Qui suis-je ? "
Mais,
au cours d'un accompagnement personnalisé, il est bon d'aller
plus loin et de se servir de l'adjectivogramme de plusieurs façons.
Après avoir analysé les réponses au test : " Je suis ",
nous pousserons la curiosité plus loin en demandant au stagiaire
de remplir d'autres colonnes du test :
- Comment il pense qu'on le voit
- Comment il était et qu'il n'est plus
- Comment il voudrait être, ou comment il voudrait qu'on le voit…
Poser
ces quatre questions est la façon plus complète de remplir ce
test. Cela permet :
- d'une part de mesurer l'écart entre la façon dont une personne
se voit et la façon dont elle pense qu'on la voit (" on "
étant ici : tout le monde en général),
- d'autre part de baliser une première fois le chemin que la personne
souhaite parcourir dans l'avenir en comparant les adjectifs qu'elle
désire perdre et ceux qu'elle désire acquérir.
Pour
que le changement soit amorcé dans les meilleurs conditions, il
est souhaitable de ne l'appliquer qu'à une seule relation pour
commencer, une relation qui pose problème au pratiquant de la
méthode. On arrive ainsi plus rapidement au niveau du concret
des interactions.
De toute façon, il est bien rare que la personne étudiée désire
tout changer dans sa vie ; la plupart du temps son désir de changement
ne concerne qu'une ou deux personnes de son entourage.
Dans ce cas, il s'avère nécessaire de lui faire passer le test
de l'adjectivogramme, vis-à-vis des personnes concernées par ces
changements.
La question n'est plus : " Comment vous voyez-vous en général
? ", mais " Comment vous voyez-vous avec B, C ou D ?
". Et aussi : " Comment pensez-vous que B vous voit ? ".