On
appelle cela l'adjectivogramme relationnel. Car c'est sur cette
relation qu'il faudra intervenir en premier.
Avant
de décrire ce test dans le détail et de montrer les principaux
résultats auxquels il aboutit, voici quelques réflexions au sujet
de l'adjectivogramme.
Il
est évident, et nous l'avons vu quand nous avons esquissé un portrait
de la Sémantique Générale, que nos actions quotidiennes sont influencées
par la façon dont nous nous voyons, et qu'à leur tour nos actions
influencent la vision que nous avons de nous-mêmes. Si je me vois
comme quelqu'un d'actif, et que je me déclare tel, j'essaierai,
dans la mesure du possible, de justifier cet épithète dans ma
vie quotidienne, ce qui, par rétroaction, renforcera l'opinion
que j'en ai.
Bien
sûr, comme pour tous les tests, il faut parler du biais introduit
par le fait que ce test est passé dans l'objectif d'être lu et
analysé par une tierce personne.
A titre anecdotique nous avons observé ce biais en faisant passer
deux fois l'adjectivogramme : une fois dans un contexte de recrutement
vrai, une autre fois dans un contexte amical : les différences
étaient considérables.
Ce
test, comme ses compagnons de même nature, ne donne pas vraiment
les réponses à la question : " Qui suis-je ? ", mais plutôt
à la question : " Comment je veux paraître aux yeux des autres
".
Toutefois
ce biais ne gêne pas la Méthode Relatio® , car la façon dont nous
voulons paraître conditionne finalement plus d'interactions réelles
dans des contextes concrets que la façon dont nous nous voyons
vraiment, quand nous sommes face à nous-même dans le miroir.
Si je me dis énergique, je vais essayer, non pas seulement de
l'être, mais de le paraître. Même si, dans l'intimité, je sais
bien que je ne le suis guère.
Ce
genre de réflexions nous amènerait à considérer des sujets philosophiques,
tels que les différences entre être et paraître, ainsi que les
problèmes engendrés par les écarts entre " Comment je me vois
réellement ", et " Comment je dis que je me vois ".
On peut penser a priori que plus ces écarts sont petits, plus
la personne est à l'aise partout, plus la personne est la même
en toutes circonstances. C'est, en tout cas, un des objectifs
fréquents des opérations de changement en Méthode Relatio : d'amener
nos élèves à se restructurer autour d'une image cohérente d'eux-mêmes.
Les
résultats les plus importants de l'adjectivogramme sont ceux de
la colonne correspondant à " Comment je suis ". Mais, il
est utile de comparer ces premiers résultats à ceux de la colonne
" Comment je pense qu'on me voit ". En effet, on peut penser
que les résultats doivent nécessairement être différents. Si je
pense qu'on me voit exactement de la même façon que je me vois,
c'est peut-être que je ne vois pas les autres en tant que personnes
différentes de moi : cela peut être une forme de rigidité mentale,
tout autant qu'une forme de cohérence. Les résultats de l'analyse
nous le diront.