Abstrait

Est abstrait ce " qui n'existe que sous forme d'idées " nous dit le Petit Robert. Nous dirons pour aller plus vite et plus loin : est abstrait tout ce qui n'existe pas dans la réalité. Ce qui nous amène au pléonasme : est abstrait tout ce qui n'est pas concret.

Mais allons plus dans le détail pour montrer ce qui intéresse Relatio dans cette notion d'abstrait.

Dans notre vie quotidienne, nous utilisons autant de notions abstraites que d'objets concrets. Nous vivons au milieu de concepts, de croyances, d'idées et d'opinions qui nous habitent et forment une partie de ce que nous avons l'habitude d'appeler notre personnalité. Nous nous attachons à nos opinions jusqu'au point de croire qu'ils font partie de nous-mêmes.

Relatio dit, après Korzybski et la Sémantique générale : tout ce qui est abstrait n'existe pas. Utiliser un terme abstrait pour parler de quelqu'un est un moyen habile de " parler pour ne rien dire " ou pour plagier Pierre Dac : " Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler, qui est l'apanage de tous ceux qui auraient mieux fait de la fermer avant de l'ouvrir ".

Plus sérieusement, utiliser un langage abstrait pour désigner quelqu'un en lui attribuant des étiquettes, ou pour décrire des processus, tels que la conversation, les dialogues, les conflits…. c'est tout simplement une erreur d'outils, comme de se servir d'une brosse à dents pour balayer la cour de la caserne.

Le fil directeur de Relatio est celui de Korzybski quand il nous dit que " le mot chien ne mord pas " ou quand nous disons à nos clients que " le mot changement n'a jamais rien changé ". Les abstractions peuvent s'avérer utiles pour synthétiser, ne serait-ce que pour s'exprimer en société avec le langage des autres. Mais l'adepte de Relatio (qui est aussi souvent un adepte de la Sémantique Générale de Korzybski) ne doit pas être dupe des abstractions qu'il utilise, et ne doit jamais oublier que tous ces mots ne veulent strictement rien dire.
Le pratiquant de Relatio pratiquera, vis-à-vis des mots abstraits l'attitude dite de distanciation ou dissociation ; il les utilisera, pour les autres, pour communiquer, sans être concerné.
Notre attitude vis-à-vis des mots abstraits est sans ambiguïté, sans concession : nous leur refusons toute signification, et tout rôle dans la résolution des problèmes quand ceux-ci sont des problèmes de communication entre les gens.

Nous le voyons tous les jours au cours de nos différents stages : aucun de nos problèmes relationnels ne peut se résoudre si nous restons au niveau des concepts et des croyances. Et, c'est pourtant, notre habitude générale, apprise à l'école.

L'ensemble des mots qui ne veulent rien dire et qui sont pourtant majoritaires dans tous nos propos, nos textes et discours, constitue ce que nous avons appelé l'anti-dictionnaire.