Analyse transactionnelle

L'analyse transactionnelle peut être utile à connaître pour un adepte de Relatio dans la mesure, où c'est semble-t-il la première fois qu'un chercheur, ici Eric Berne en l'occurrence, fait état de l'importance des transactions entre individus pour comprendre comment fonctionne la communication. La notion de transactions est fondamentale dans l'interaction. Seulement l'AT (comme en bien des points la PNL et la Process Communication plus tard) commet, selon Relatio, trop souvent le pêché d'abstraction.

Au lieu d'étudier ce qui se passe réellement entre les individus en présence, l'AT étudie des transactions entre concepts ou caricatures d'individus, c'est-à-dire de notre point de vue des transactions entre concepts abstraits : le Moi et ses trois états.

D'autre part, dans son modèle des trois états du MOI, l'AT commet un autre pêché : celui de croire qu'il existe une vérité objective en communication. Pour nous, chaque interaction, chaque moment d'une relation à deux possède deux versions s'il y a deux partenaires, deux versions subjectives certes, mais que l'on ne peut jamais ramener à une seule qui serait objective.

Or, il n'est pas difficile de montrer que lorsque l'AT parle de transactions parallèles ou de transactions croisées (transactions à conflits), elle ne se place que du point de vue de l'un des partenaires seulement. A quel titre et de quel droit choisir l'un des partenaires pour définir la réalité de la transaction ? Pour l'AT, la réalité de la communication existe, et peut se définir à l'aide de concepts abstraits. Ces deux affirmations sont refusées par Relatio.

Voici, à titre d'illustration comment l'AT et Relatio analyse une transaction (nous dirions plutôt interaction) :

Pour l'AT la réalité de cette transaction (dans le langage de Relatio, il s'agit d'une séquence d'interactions), est objectivement la vision de la personne qui voit une transaction croisée : l'Adulte du mari s'adresse à l'Adulte de la femme et c'est son Enfant (ici, rebelle) qui lui répond. La transaction est donc croisée, sous-entendu c'est une transaction conflictuelle.

Pour Relatio cette vision de la communication est celle du mari. La femme, probablement analyse autrement la situation : pour elle il est clair que le mari s'est comporté en Dominant (donc en Parent donneur d'ordre) et quand elle lui répond en Enfant désobéissant, elle a conscience de participer clairement à une transaction parallèle et non pas croisée. Le conflit ne provient pas des transactions, vue par l'un ou par l'autre, mais du fait qu'ils n'ont pas la même vision de cette transaction.

Ce distinguo que nous faisons entre Relatio et l'AT, nous pourrions le faire avec la quasi-totalité des autres méthodes de développement personnel dans la mesure où elles partagent toutes, selon nous, deux mythes fondamentaux : la croyance en une réalité objectives de la communication, et que celle-ci peut être partagée par les deux partenaires ou adversaires.

Relatio s'inscrit sans un courant de pensée initié par la Sémantique Générale et l'Ecole de Palo Alto, pour lesquelles la réalité en soi n'existe pas. C'est ce qui rend la méthode aussi attrayante que repoussante, selon l'attachement que nous avons à nos croyances anciennes. Dit autrement, on peut affirmer qu'apprendre les autres méthodes de développement personnel ne remettent fondamentalement rien en cause, ni nos croyances, ni nos comportements habituels, ce qui n'est pas le cas de Relatio qui engage les pratiquants véritables, dans la voie de changements radicaux, ceux que Palo Alto a appelé changements 2 ou changements de paradigmes.