Association

Le terme le thème Association, est utilisé dans la méthode Relatio pour désigner les rapports des mots entre eux et la façon dont ils sont habituellement reliés au sein des mêmes phrases.
Nous distinguons deux types d'associations : les associations syntagmatiques et les associations paradigmatiques.

Les associations syntagmatiques relient entre elles des mots qui co-habitent dans les mêmes phrases, sans pouvoir se remplacer l'un l'autre.
Par exemple l'association : poule -> picorer est une association syntagmatique dans la mesure om l'on peut trouver souvent ces deux mots dans les même phrases " La poule picore dans le poulailler ", mais jamais l'un ne pourra se trouver à la place de l'autre dans des phrases différentes. En revanche poule -> coq est une association qui peut être syntagmatique (figurant dans les mêmes phrases : " La poule et le coq… " mais aussi paradigmatique car ils peuvent se trouver à la même position, dans les mêmes phrases : " La ou le…. (Poule ou coq…) picore dans le poulailler ".

Un grand nombre de recherches en psycholinguistique ont montré que le sens d'un mot est fortement défini par l'ensemble des mots qui lui sont associés. Ce qui est d'une importance fondamentale dans les analyses sémantiques et qui peut apporter de nouvelles façons de connaître autrui au cours de nos études.

Dans une certaine mesure, une carte mentale, n'est rien d'autre qu'un ensemble d'associations verbales et/ou mentales. Il s'agit bien des mots et/ou des thèmes reliés entre eux par le fait qu'ils apparaissent ensemble dans les mêmes phrases.

Les associations verbales sont le reflet des associations d'idées (nous parlons, nous, de " cartes mentales" et de " cartes verbales ") ; mais, il ne faut pas oublier que les unes ne vont pas sans les autres, et qu'il s'agit des côtés pile et face d'une même réalité : comment nous structurons nos concepts.

Une étude plus approfondie des associations verbales les plus fréquentes nous donnera un aperçu enrichissant sur la façon dont fonctionne notre cerveau.

Les associations verbales spontanées les plus fréquentes peuvent se classer en six catégories :

Type d'associations
Exemples

Les associations par opposition Les associations par similitude Les associations par simultanéité
Les associations de succession

Les associations superordonnées Les associations infraordonnées

jour - nuit lumière - soleil soleil - chaleur matin - midi

enfant - famille famille - enfant

 

Qu'en disent les psycholinguistes ?

"Une image est associée à des images ressemblantes ou au contraire à des images opposées ; ainsi le mot "grand" serait associé à "énorme" aussi bien qu'à "petit". (Hörmann, p. 104)

Les associations superordonnées vont du territoire vers la carte et les associations infraordonnées font le chemin inverse.

Les associations verbales d'un individu, à un moment donné de sa vie (" ici et maintenant ") donnent une photographie assez précise de son paysage mental.

Il existe un moyen économique et ludique à la fois de connaître la carte verbale d'une personne : jouer au jeu des associations libres.
Lui donner (par oral ou par écrit) une liste de mots simples, et lui demander de nous dire sans réfléchir quel mot lui vient à l'esprit. Puis étudier les rapports de ces mots entre eux et former un graphe associatif (carte mentale®), dont les résultats seront fort proches de la carte mentale obtenue par la méthode des entretiens.
En effet il semble que l'on obtienne des résultats relativement semblables en interrogeant quelqu'un et en lui demandant : " Parlez-moi de… ", ou en le soumettant au jeu des associations libres : " Quand je vous dit X vous pensez à quoi ? "

De plus cette méthode est fort économique dans la mesure où les tests sont passés rapidement, sans avoir besoin d'être enregistrés, ni retranscrits.

Si l'on désire procéder à un changement des croyances et des comportements de soi-même ou d'une personne particulière, il sera fort utile de posséder une carte détaillée de ses associations verbales ; on y trouvera la plupart de ses croyances et de ses valeurs, de ses opinions, et la structure générale de son langage, donc de sa vision du monde.

Cette méthode est connue de longue date comme le montre la citation ci-dessous :
"HOWES conclut que le comportement verbal dans l'expérience d'association est stochastiquement équivalent au comportement verbal dans les situations non-structurées." (Hörmann, p.111)

Nous ne sommes pas tous égaux devant les associations verbales ; les chercheurs ont remarqué des différences selon le sexe et selon l'âge. Nos recherches personnelles font penser aussi qu'il doit y avoir des différences selon l'état mental de la personne au moment du test. Je me souviens avoir fait passer ce genre de test à une multitude de personnes dans la rue. Au mot : famille, la plupart des gens répondaient : enfants, ou femme, ou maison… Un jour, un homme devant ce mot, nous a répondu solitude, et s'est mis à pleurer ; il nous a ensuite expliqué qu'il venait de perdre sa femme.
Il est clair que je répondrais probablement emmerdement ou bagarre, si je viens juste de me disputer gravement avec mon épouse.

Ce qui nous ramène, encore une fois à l'idée fondamentale que notre paysage mental doit être analysé ici et maintenant, et qu'il ne faut pas tirer de conclusions générales d'une observation ponctuelle.
Ce genre de test n'est que la photographie d'un paysage à un moment de la vie. Nous y reviendrons à propos de l'adjectivogramme.

Voici quelques différences selon le sexe et l'âge
"Alors que les adultes ont une préférence pour les associations paradigmatiques, les enfants donnent en général des réponses syntagmatiques...Le passage de l'un à l'autre se fait maintenant aux environs de 6 à 8 ans..." (Hörmann, p.119).
Cela signifie que les enfants font plus souvent des associations de type : chaise -> s'asseoir, pendant que les adultes diront essentiellement : chaise -> table.

"Les enfants utilisent plus de noms concrets que les adultes." (Hörmann, p.263)

Cela signifie aussi que l'enfant reste plus souvent au niveau des processus, donc du Territoire alors que les adultes ont un raisonnement classificatoire (Contenu et Carte) : ils répondent à un mot par un autre mot de la même classe, ou mieux encore ils répondent la plupart du temps un verbe à un verbe stimulus, un substantif à un substantif...etc...

L'école apprend vite aux enfants à changer de mode de pensée. Rien ne nous permet de penser qu'il s'agit là d'une évolution naturelle ; rien ne nous autorise non plus à penser qu'il s'agit d'un progrès. Peut-être que l'enfant est naturellement intelligent (Oh Rousseau !), et que l'éducation le rend, disons, plus limité, en entrant dans le futur moule social qui sera le sien.

Par ailleurs, les quelques informations dont nous disposons concernant le raisonnement des asiatiques, sembleraient démontrer que ceux-ci restent capables tout au long de leur vie de faire des associations syntagmatiques. Une expérience récente (publiée dans la revue Pour la Science), à montré que, devant un tableau représentant des personnages dans un milieu naturel de montagnes, les asiatiques voient le décor de façon plus globale en même temps que les personnages, alors que les européens (et leurs cousins d'Amérique) attardent leur regard sur les personnages.
Il est probable que, devant un accident de rue, les asiatiques seront plus fiables dans leur récit que les Occidentaux.

Enfin qu'en est-il au niveau de la différence entre les sexes ? "Les femmes donnent moins de réponses différentes, répondant plus fréquemment par l'une des quatre réponses les plus fréquentes et utilisent moins souvent les réponses par termes superordonnées." (Hörmann, p.119)

Cela signifie que si l'on connaît les associations les plus fréquentes d'un peuple à un moment donné du temps, les associations les plus fréquentes des femmes seront plus souvent celles de la moyenne des personnes. Donc une plus grande banalité dans les réponses, une distribution statistique plus proche de la moyenne que celle des hommes.
En revanche, les associations des femmes sont, semble-t-il, plus concrètes que celles des hommes ; elles vont moins souvent du Territoire à la Carte.

Nous laissons à tout un chacun le soin d'en conclure que les femmes sont plus conventionnelles, moins créatives que les hommes, et plus terre à terre ! Pas de commentaires ici de peur d'être taxés de machisme !

Mais, attention danger !