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Cause
et causalité
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Dans la vie courante, on parle de rapports de cause à
effet de façon abusive. Le rapport de cause à effet existe au niveau des éléments
appartenant à ce que Palo
Alto appelle la réalité
du premier ordre, celle des objets, des corps… Par exemple, si je mets mon doigt sur une flamme je me brûle,
je me brûle chaque fois que je le fais : on peut parler dans ce
cas, et dans ce cas seulement, d’une cause et d’un effet. Il y a rapport de cause à effet quand l’effet suit
toujours la cause et quand cet effet n’est pas produit en l’absence de la
cause. Dans le monde des cartes
mentales, dans le monde des concepts, bref dans le monde de toutes
les sciences inventées par l’homme, ce rapport n’existe pas. On n’a
que des présomptions, des indices qui font penser que… ais pas de preuves.
Et en particulier dans ce monde des relations
humaines, la suspicion, le doute, et le refus de se prononcer, devraient
être la règle. Notre esprit semble être ainsi fait qu’il recherche presque
toujours des Pourquoi, il recherche des causes à tout ce qui nous arrive. Et comme il les cherche bien,
il finit par les trouver dans son arsenal d’abstractions. A partir du moment où il suffit de rapprocher un élément
du passé de n’importe quel élément du présent, on peut en déduire, artificiellement,
et sans preuve, qu’il existe un rapport de cause à effet entre les deux
évènements ; à partir de là, toutes les manipulations,
toutes les supercheries sont possibles. Ce qui manque dans les soi disant preuves scientifiques
dont on nous abreuve, c’est justement de définir ce qui caractérise
une preuve. L’importance excessive des rapports de cause à effet dans
notre monde, est dénoncée par Relatio sur deux points fondamentaux : -
d’une part, sur le fait qu’il n’est jamais vraiment
possible de conclure à ce genre de rapport, de façon scientifique ;
au mieux, on peut parler d’une corrélation statistique ; -
d’autre part, sur le fait qu’il est tout à fait
inutile de chercher à savoir pourquoi je suis dans tel ou tel état, quand
l’important est d’en sortir. La critique de la recherche des pourquoi a été menée par
Palo Alto qui a montré, dans ses travaux de thérapie, qu’il était la
plupart du temps inutile de savoir pourquoi on souffrait de tel ou tel
symptôme quand le problème était d’en guérir. Ce qui veut dire que l’explication
du pourquoi (qui est du domaine de la Carte) n’a rien à voir avec les processus
permettant d’obtenir les changements souhaités (qui sont du domaine
du Territoire). Une pensée qui guide les animateurs Relatio est basée sur
l’affirmation a priori surprenante, que le
futur dépend du présent plus que du passé. Le passé
ne prend que l’importance que je lui laisse.
Cette différence fondamentale de vision est schématisée dans
le graphique ci-dessus. Dans la conception classique, le passé explique le présent ;
dans la conception dite téléologique, le présent prépare le futur. L’objectif
visé conditionne les actions présentes et ce lien est de loin le plus
important dans la plupart des cas sauf chez les personnes handicapées,
déprimées, qui sont toutes entières tournées vers le passé. Le dialogue entre notre équilibre présent, et notre vision
de l’avenir (celui que nous imaginons quand l’objectif sera atteint)
conditionne notre vie de demain, et peu importe ce que l’on a souffert dans
le passé. Enfin une raison majeure de mépriser les explications
de l’aujourd’hui par le hier a été bien décrit dans les ouvrages de
Palo Alto :
si le passé conditionne le présent, il ne sert à rien de connaître en
quoi, car le passé ne peut plus être modifié. Dont acte ! |