Changement 1 et changement 2

 

Cette notion est directement issue des théories systémiques, et fut très bien décrite par Palo Alto.

 

Le changement 1 est un changement dans les relations au sein d’un système ; le changement 2 est un changement de système. Alors que le changement 1 n’est qu’une des positions « naturelles » que peut prendre un système donné, le changement 2 introduit un changement dans les règles du système qui le transforme en un système nouveau. La distinction n’est pas toujours évidente, mais on va essayer de donner des exemples.

 

Changer de cravate, ou de couleur de chemise, déménager, ou divorcer, sont, en fin de compte seulement des changements 1, même si parfois, certains d’entre eux nous coûtent. On ne remet pas en question l’organisation même de notre vie, de notre habillement, de notre idée du couple ou de la vie.

De même, chaque coup joué aux échecs introduit un changement 1 dans la physionomie du jeu ; le changement 2 serait de jouer avec de nouvelles règles ou de jouer à un autre jeu.

 

On reconnaît « intuitivement », que ne plus mettre de cravate, ou sortir dans la rue en slip, ou encore pratiquer la polygamie officiellement, ou devenir homosexuel, seraient des changements plus grands : des changements 2.

Nous sommes entrés dans une autre dimension, dans un autre système de relations obéissant à de nouvelles règles.

 

Watzlawick définit ces deux types de changements ainsi : dans Changements, paradoxes et psychothérapie, il nous dit comment reconnaître un changement 2 :

« a) Le changement 2 modifie ce qui apparaît du point de vue du changement 1 comme une solution, parce que, vue dans la perspective du changement 2, cette « solution » se révèle être la clé de voûte du problème qu’on tente de résoudre
b) Alors que le changement 1 semble toujours reposer sur le bon sens (par exemple sur une recette du genre : « plus de la même chose »), le changement 2 paraît bizarre, inattendu, contraire au bon sens (…)
c) (…) Ces techniques s’occupent des effets et non des causes supposées ; par conséquent, la question capitale est
quoi ? , et non Pourquoi ?
d) (… le changement 2) place la situation dans un nouveau cadre. »

 

En fait, tout changement 1 fait perdurer le système qu’il prétend changer ; il n’est qu’une des positions que peut prendre le système sans être modifié. Prétendre résoudre un problème relationnel par des changements 1 est illusoire, car le système qui a créé le problème ne change pas. Donc, le problème aussi. Comme on voit chez ces personnes qui se marient plusieurs fois avec des conjoints très différents, et qui finissent par reproduire toujours les mêmes schémas et vivre les mêmes types d’expériences. Changer de conjoint est un changement 1, décider de ne plus en avoir serait un changement 2.

Du point de vue qui nous préoccupe, seuls les changements 2 sont d’authentiques changements qui font disparaître les anciens problèmes. Ce qui n’est nullement une garantie contre la venue éventuelle de problèmes d’un type nouveau.

 

Le changement 2 est donc bien un recadrage.