Changement

 

Pour Héraclite, une seule chose est constante, permanente, c’est le changement. Tout passe, rien ne demeure.

Rien ne peut être pensé sans son contraire. Le conflit constant des contraires est défini comme le père de toutes choses. Mais tout est gouverné par le logos. Le logos est le législateur pour tout ce qui est, et il est l’unité des contraires.

 

De même, le maître mot de la méthode RELATIO est : changement.

 

En effet l’analyse relationnelle ne s’intéresse que médiocrement à définir qui nous sommes et à nous classer dans une typologie de personnalités. Cette étape, bien que nécessaire, n’est pour la Méthode Relatio que le démarrage de la randonnée vers l’objectif.

Certes, il est utile de savoir qui nous sommes aujourd’hui, (ou plutôt pour nous qui nous pensons être), et comment nous fonctionnons au sein de nos relations, ici et maintenant, mais uniquement pour changer cela.

Eu aucun changement n’est possible, si l’on reste dans sa case.

 

 

 

 

Mais pour changer, il faut d’abord avoir franchi deux étapes. Toute opération de changement se déroule en trois temps :

  1. On observe
  2. On analyse
  3. On change

 

Mais ces étapes elles-mêmes posent à leur tour un autre problème : changer oui, mais changer quoi ?

Pour RELATIO cette dernière question possède une réponse simple : changer les relations que l’on entretient avec les autres, avec tous les autres, ou avec une personne en particulier. Ce qui signifie, non pas me changer seulement, non pas changer l’autre seulement, mais changer la relation, le nous que nous formons ici et maintenant, dans interactions quotidiennes.

 

Ainsi, toute opération de type Relatio comporte trois étapes : on observe les interactions d’une personne avec son environnement, on analyse celles-ci et on procède aux modifications à partir de stratégies de changement décidées d’un commun accord avec le pratiquant.

 

On ne répètera jamais assez que tout changement relationnel doit commencer par un changement du pratiquant lui-même ; d’ailleurs, tout changement exprimé en termes : « Je voudrais que l’autre soit différent » sera refusé d’emblée par les animateurs Relatio.

Car, pour que l’autre soit différent, c’est-à-dire se comporte différemment, il faut que nous changions d’abord notre façon d’être avec lui ; il faut donc que nous nous changions en premier.

 

C’est dans cette phase active, que le problème avec B (c’est ainsi que l’on désigne la personne avec laquelle on doit changer la relation) est traité concrètement. Le pratiquant Relatio, met en branle des stratégies comportementales qu’il aura définies pendant le stage.

 

Stratégie signifiant qu’il aura défini, à l’avance, plusieurs séquences interactives avec B qu’il devra appliquer rapidement. Ces stratégies sont écrites à l’aide des différentes grilles comportementales fournies par Relatio.

Elles sont répétées virtuellement, et le pratiquant doit se voir agissant avant d’agir concrètement. Ces stratégies sont parfois paradoxales, elles demandent souvent au stagiaire de faire l’inverse de ce qu’il avait l’habitude faire avec B ; de faire l’inverse de ce qui semble être son objectif.

 

L’autre (B) ne changera à son tour qu’après l’application de ces stratégies. En effet, devant les comportements nouveaux du stagiaire, le partenaire ne pourra plus jouer ses coups habituels ; il sera pris de court et devra se forger, à son tour de nouvelles programmations comportementales pour répondre à la nouvelle situation proposée par le pratiquant.

 

B changera, en réponse au changement de A, le pratiquant. Et c’est ici que la théorie systémique intervient, car tout changement de l’un entraîne un changement de l’autre, et il faudra mettre en place un thermostat de la relation, vérifier en permanence l’état d’avancement du changement, si la bonne direction est prise, et corriger toute déviation aussitôt qu’elle est décelée. Exactement comme le fait un missile.

 

Quand on débute dans ce genre de méthodes, on a l’impression que la résolution du problème sera longue, surtout s’il s’agit d’un problème déjà ancien, et surtout s’il s’agit d’un problème grave et délicat, avec des intimes en particulier.

Il n’en est rien.

L’expérience Relatio, vieille maintenant de plus de trois décennies, prouve que le plus long est d’amener le stagiaire à bien définir le problème qu’il se pose avec B ou qu’il se pose avec les autres ; une fois réécrit le problème, une fois l’équation des changements bien posée, en termes concrets, une fois le sac à dos correctement rempli, et une fois définies les stratégies aboutissant au changement, celui-ci vient très rapidement.

 

Voici le schéma central résumant les opérations permettant aux pratiquants de Relatio de maîtriser leurs changements relationnels.

 

 

 

Comment se lit ce schéma fondamental ?

  1. Départ. Nous devons d’abord analyser la situation de départ : où sommes-nous ici et maintenant ? Quelles sont les parties satisfaisantes et insatisfaisantes dans nos relations avec autrui ?
  2. Arrivée. Ensuite, nous devons avoir une vue claire de la situation d’arrivée, quand nos changements auront abouti, quand nos objectifs seront atteints. Une vue claire, signifie là encore, une vue concrète en termes d’interactions, une vue proche du territoire et non pas une vague idée de ce que l’on voudrait être ;
  3. Distance. Puis, il convient de mesurer l’écart ou la distance entre l’arrivée et le départ. Ce qui peut poser problème dans la mesure où une distance trop longue à parcourir peut nous amener à revoir, soit la description du point d’arrivée, soit (et ce n’est pas un paradoxe) la description du point de départ. En effet, une distance trop grande que l’on ne peut franchir peut nous contraindre à recadrer notre vision de l’ici et maintenant, en supprimant des objectifs de changement trop utopiques ;
  4. Direction. La distance est une chose, la direction à prendre en est une autre. Dans quel sens vont s’orienter nos premiers changements ?
  5. Etapes. Les changements souhaités par les pratiquants de Relatio, sont en général suffisamment importants pour ne pas être résolus en une seule action ; il faut donc confectionner des chemins avec des étapes. Et si possible, prévoir plusieurs chemins différents, au cas où l’un d’entre eux s’avèrerait impraticable sur le moment ; cette partie de l’opération de changement s’appelle la création des stratégies de changement ;
  6. Sac à dos. A ce stade les préparatifs sont presque achevés, mais il reste un point important : vérifier que notre sac à dos est bien rempli, c’est-à-dire que l’on a les ressources pour cheminer jusqu’au bout.

 

Il ne reste plus qu’à mettre en application les stratégies décidées, mais en fait c’est le plus facile de l’opération si tout a été bien prévu.

 

En général, il suffit d’un mois ou deux, ou de quelques séances, pour que Relatio puisse résoudre la plupart de nos problèmes relationnels.

Et les rares échecs que l’on rencontre proviennent toujours des mêmes raisons : ou bien l’objectif choisi est trop ambitieux (il demanderait des années de travail), ou bien il ne s’agit pas tout à fait d’un problème relationnel ou bien encore, et c’est le plus fréquent, le pratiquant n’a pas réellement fait ses exercices.

Relatio réussit 100 % des cas où le problème est relationnel, c’est-à-dire, selon notre propre philosophie, quand le problème est en grande partie créé par l’esprit du pratiquant.