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Conflit
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La Méthode Relatio est particulièrement puissante pour
résoudre ou mieux pour prévenir les conflits relationnels, même ceux qui sont
vécus comme graves, même ceux qui sont anciens. L’efficacité de Relatio en la matière provient de deux
façons d’intervenir : d’abord Relatio intervient au niveau même des
conflits, d’autre part, elle n’intervient pas de la même façon selon la
nature du conflit. A l’aide des axiomes
et des théorèmes de la communication, Relatio a mis au point une typologie
des conflits relationnels dont voici les grandes lignes. Nous distinguerons :
·
conflits de niveaux d’abstraction ·
conflits sémantiques Examinons cela de plus près : Conflits de contenu Ce sont les plus connus, mais pas toujours les plus
graves. Il s’agit d’un désaccord d’opinion, au niveau de la Carte. Nous avons
tous le souvenir mémorable de ces disputes sans fin entre amis, dont l’un a
eu le malheur de ne pas voter comme l’autre, ou de ces disputes sur des
sujets divers et aussi fous que « La femme est-elle l’égale de l’homme ? ». Le problème que cherche à résoudre chacun des deux
partenaires est celui de savoir, - et cela leur semble fondamental -, « qui
a raison et qui a tort ». Au passage, remarquons que cet objectif n’est presque
jamais atteint, et qu’à la fin de la dispute, chacun campe, plus que jamais
sur ses positions initiales. Et, pendant ces débats, chaque partenaire utilise des procédés
rhétoriques variés tout autant qu’inconscients, chacun donne des « exemples
qui prouvent »,
émet des « généralisations
abusives »…
Il est à noter que, parfois, les deux partenaires ne sont
en conflit qu’au niveau de la Carte ; une simple vérification de ce
qu’ils entendent concrètement au travers de mots abstraits qu’ils utilisent
leur permettrait de constater qu’ils sont en fait totalement d’accord. Voici un exemple de dispute entre deux stagiaires de la
Méthode Relatio. Le premier, un homme d’âge mûr se présentait comme
partisan d’une éducation autoritaire ; l’autre, une jeune femme
partisane d’une éducation libérale. Notons qu’il s’agit là des mots employés
par eux-mêmes pour se définir. La discussion porte sur un sujet d’importance
nationale : « Faut-il obliger les enfants à finir ce qu’ils ont
dans leurs assiettes ? » Bien sûr, lui dit : oui,
et elle dit : non. Et les choses s’enveniment rapidement, car
tous les concepts appelés à la rescousse semble les séparer : autorité,
respect de l’adulte, suivi dans la décision, prendre ses responsabilités… Ils allaient en venir aux mains lorsque nous avons décidé
de les séparer, en leur faisant remarquer que personne n’avait pensé à
demander quelques informations concrètes au sujet du contexte du litige.
Donc, du point de vue de la méthode, de descendre plus près du Territoire. En fait, les enfants de l’homme qui adoptait une éducation
autoritaire avaient plus de quinze
ans, pendant que ceux de la jeune femme libérale
étaient de tous jeunes enfants. Une fois ces faits portés à leur
connaissance, elle a reconnu qu’avec des enfants de quinze ans elle ferait
comme lui, et lui s’est souvenu qu’il faisait comme elle quand ils étaient
plus jeunes. En fait, il n’y avait aucun désaccord entre eux sur ce
sujet. Le conflit n’était qu’apparent, et ne portait que sur des
notions abstraites, des principes généraux de vie. Ce qui, entre parenthèses, montre bien qu’on peut fort bien
parler de ce qui n’existe pas. Conflits de territoire Tout d’abord les conflits de « congruence
comportementale » Il s’agit de désaccords sur la façon de mener concrètement
des activités concrètes.
En apparence souvent des petits conflits, mais ils peuvent empoisonner
toute une vie. On peut se battre au sujet de la façon de presser le
tube dentifrice, de la façon de s’asseoir au restaurant, ou encore de
quel côté du lit on veut dormir. Si ces conflits apparaissent dans un contexte général de
paix et d’entente mutuelle, ils disparaissent assez facilement, soit
par le changement de celui qui a été désigné comme « fautif » :
on range le tube dentifrice et on n’en parle plus, soit par « recadrage »
du plaignant qui se dit que, finalement, ça n’a pas tellement d’importance. Mais, souvent ces conflits resurgissent ou apparaissent,
justement quand la relation se détériore ; ce qu’on supportait
facilement, voire même que l’on trouvait charmant, (sa façon, à elle, de
laisser traîner ses petites culottes, ou sa façon, à lui, de semer les
cendres de sa pipe sur le tapis), nous devient subitement insupportable et
odieux. Il faut savoir reconnaître les authentiques conflits de
territoire (Aimer ou ne pas aimer les concombres), et les conflits prétextes
qui tiennent lieu de projectiles que l’on s’envoie à la figure pour régler un
conflit d’une autre nature. Conflits d’intérêt Il est clair que deux personnes entreront en conflit s’ils
briguent la même promotion, la même femme, le même poste. Il est clair que le
conflit, aussi violent soit-il, pourra rapidement cesser par la réussite de
l’un, donc l’échec de l’autre. Ce sont des conflits dont la théorie des jeux
nous dit qu’ils sont à « somme nulle » : les gains de
l’un sont égaux aux pertes de l’autre. Le conflit pourra également cesser par la négociation qui
permettra aux deux compères de se contenter chacun d’une demi réussite ou
d’un demi-échec, selon la façon dont on voit le problème. Le conflit pourra également cesser par la manipulation
de l’un qui amènera l’autre, ou bien à ne plus vouloir atteindre son
objectif, ou bien à croire qu’il l’a déjà obtenu. Mais le conflit, bien que simple, pourra perdurer une vie
entière, comme on le voit dans ces vieux couples qui se disputent toute leur
vie sur des sujets aussi futiles que « Où aller en vacances ? »,
et comme personne ne veut céder, finissent toute leur vie par aller dans des
endroits qu’ils n’aiment ni l’un ni l’autre. Conflits de ponctuation Une quatrième sorte de conflits, toujours au niveau du territoire,
ce sont les conflits de « ponctuation ».
C’est le jeu le plus stupide qui soit en apparence, du type « c’est
pas moi qui a commencé », mais c’est le jeu dont il est le
plus difficile à sortir. Nous ne connaissons que deux solutions : faire appel
à un tiers qui fera prendre conscience aux belligérants qu’ils ne font pas
commencer le conflit au même endroit de la chaîne temporelle, avec le danger
que les belligérants en question ne se liguent contre le tiers, qui,
manifestement, ne dit que des conneries, puisqu’il ne donne ni raison ni tort
à personne : il ne prend pas partie, ce lâche ! La deuxième solution suppose que l’un des partenaires
admette – c’est-à-dire en fait fasse semblant d’admettre – le point de vue de
l’autre, et le conflit cesse immédiatement. Cela vaut parfois la chandelle de
passer, très momentanément, pour un faible, voire même très légèrement de
perdre la face en avouant avoir tort. Si le conflit ne cesse pas, c’est, comme pour tous les
autres cas de figures, qu’il résidait ailleurs. Conflits de niveau
d’abstraction Nous avons deux sortes de conflits, plus difficiles à reconnaître
dans la vie de tous les jours, ceux qui portent sur un décalage sémantique
entre les deux partenaires, l’un parlant en termes général (Carte),
l’autre en termes concrets (Territoire),
ou encore l’un en termes de contenu
l’autre en termes de relation. Un certain nombre de personnes se situent essentiellement
au niveau des théories et abstractions ; d’autres au contraire,
ne comprennent que les exemples, et ont du mal à généraliser. Il est
assez fréquent, que l’on développe un discours abstrait sur soi-même
assez dissonant par rapport aux faits de la vie quotidienne ; les
autres – et les conjoints sont forts avisés sur ces points – le voient
tout de suite. Qui se dit accueillant et ne veut pas voir la belle-mère ;
qui se dit peu autoritaire et impose chaque année le lieu des vacances ;
qui se dit libéral et milite pour la peine de mort… Il peut s’agir d’un conflit entre moi et moi, mais fort malheureusement
pour le changement
il est rare de s’apercevoir seul des dissonances
entre ce que nous prônons et ce que nous faisons, entre nos idées et
nos actions ; et quand les autres s’en chargent, il est rare que
nous reconnaissions le bien-fondé de leurs critiques, en tout cas, il
est rare que nous l’admettions avec plaisir. En ce qui me concerne, j’ai rencontré un certain nombre de
ces dissonances, ou conflits de
niveaux. Par exemple, alors qu’il ne me serait jamais venu à l’idée
de me désigner par l’adjectif « conciliant »,
une analyse de type Territoire de mes relations les plus fréquentes,
a fait apparaître dans des interactions fréquentes et répétitives, des
actes que l’on pouvait facilement désigner comme des actes de conciliation
envers autrui. Pour Relatio c’est clair : le Territoire a parlé ;
la Carte n’a plus qu’à se taire. Les conflits de confusion entre contenu et relation
ont déjà été abordés. Il est fréquent que les couples par exemple se
chamaillent autour d’un point précis de contenu, alors que le grief se
situe au niveau de la relation. Ils n’en sont souvent pas conscients,
mais, même s’ils en sont conscients cela ne résoudra pas pour autant le
conflit, mais le transformera simplement en conflit d’une autre nature. Par exemple, une simple demande d’information peut
toujours être comprise par l’autre comme un ordre ; notre phrase
fétiche en témoigne : LUI : Chérie, où as-tu mis mes pantoufles ? ELLE : Je ne suis pas ta bonniche ! Nous travaillerons souvent ce type de phrase, et ce type
de malentendu
dans nos cours. Ce type de conflit, possède une particularité curieuse qui
apparaît quand un tiers montre, de façon indiscutable, que l’un des
partenaires a tort, sur le plan du contenu. Le conflit est en apparence
résolu, mais en apparence seulement dans la mesure où le conflit contenu ne faisait que cacher le
conflit relation (où l’on voit
qu’un conflit peut en cacher un autre), et le partenaire qui a perdu ressent
une bizarre impression de rage du type : « Tu as gagné, mais tu
as tort d’avoir eu raison, et de toutes façons je t’aurai sur un autre sujet ».
C’est pourquoi ce type de conflit peut se prolonger en s’apparentant
à un conflit de type ponctuation ; le jeu n’est pas fini, c’est
au perdant de jouer le prochain coup. Conflits d’objectifs La plupart des interactions
poursuivent des buts, et chaque partenaire se fait une idée plus ou
moins précise des objectifs
de l’autre. Outre qu’il peut se tromper, il se peut que les deux partenaires
poursuivent des objectifs incompatibles. L’un peut vouloir négocier
pendant que l’autre veut la victoire absolue ; l’un cherche une
approbation, et l’autre le pouvoir. Tout se passe comme s’ils n’allaient
pas au même endroit, mais qu’ils ne le savaient pas encore. La connaissance mutuelle des objectifs de l’autre aplanit
facilement ce genre de conflits qui se concluent souvent par la fin de la
relation, pour incompatibilité de direction. Car, pour voyager ensemble, il
est préférable de monter dans le même train. Conflits sémantiques Les plus subtils, donc les plus délicats à traiter, et les
plus durables. Il s’agit de deux partenaires qui n’ont pas la même vision des
rapports entre la carte et le territoire, entre les mots et les idées d’une
part et les faits qu’ils désignent, d’autre part. Ces conflits sont permanents en politique, où tout le monde
se sert apparemment du même langage,
mais pour désigner des réalités concrètes fort différentes. Prenons un exemple : un conflit qui opposerait un
homme qui se dit de droite et qui en est fier, et un homme qui se dit de
gauche et qui en est fier, est un simple conflit de contenu ; ils
peuvent toutefois être totalement en accord sur la définition des mots et sur
ce qu’ils désignent. Simplement, comme mais ils ne se situent pas au même
endroit de la carte, ils restent en désaccord. Mais un conflit entre deux hommes politiques qui ne
situent pas la droite au même endroit, est un conflit sémantique. Par
exemple, si, en France, la droite est représentée par l’UMP, et la gauche par
le PS et le PC ; dans ce cadre, le FN ne pourra être que d’extrême
droite. Pour le FN, qui pense représenter la seule vraie droite, la droite
nationale, les autres partis se situent nécessairement à sa gauche, ce qui
les fait paraître semblables entre eux. La géographie politique, comme la plupart des conflits sans
fin, sont des conflits sémantiques
et épistémologiques, c’est-à-dire qu’on n’est pas d’accord ni sur la
définition des
mots, ni sur les relations entre les mots et les actions concrètes qu’ils
désignent. Dans ce type de conflits, la manipulation
est pratiquement le seul moyen de parvenir à faire changer d’avis l’un
de partenaires. |