Contenu

 

L’axiome du contenu et de la relation est fondamental dans la réflexion de Palo Alto (et donc aussi de Relatio) ; relisons Paul Watzlawick :

« Une communication ne se borne pas à transmettre une information, mais induit en même temps un comportement » (Une logique…)

L’aspect informatif est appelé le Contenu : ce que se disent et ce que font les protagonistes d’une relation ; l’aspect Ordre est appelé Relation : comment chaque partenaire voit et comprend ce qui se passe.

Voici la définition exacte de cet axiome, selon Watzlawick :

« Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tel que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication » (p. 52)

 

D’emblée Watzlawick présente le concept de Métacommunication qui peut se définir comme le passage du contenu à la relation.

D’emblée, Watzlawick, situe la Relation à un niveau différent du Contenu ; le contenu est un ensemble de faits, d’actes de langage… à l’intérieur d’un habillage relationnel, qui lui donne son sens, comme on va le voir dans quelques exemples.

 

Mettre la relation sur un niveau logique supérieur au contenu, c’est poser l’idée que les interactions entre les individus sont plus importantes pour expliquer ou modéliser la communication, que ce qui se dit concrètement entre eux.

Dans le domaine commercial, la conséquence d’une telle prise de position, sera que les messages, les argumentaires, seront toujours moins importants que les comportements des vendeurs.

 

Privilégier la relation c’est privilégier le rapport entre deux ou plusieurs individus. Si l’on se rapporte aux schémas définissant la relation selon Relatio, nous pouvons dire que, pour Palo Alto, ce n’est pas l’individu qui est malade, qui doit changer, c’est la relation.

Ce qui est conforme aux idées de Bateson qui avait fait de la schizophrénie le résultats de relations malades, en inversant ainsi la croyance générale selon laquelle c’est parce qu’on est schizophrène que l’on a des comportements malades.

Dans la même veine, c’est l’observation des interactions d’un individu qui nous donnera une vue précise de sa personnalité, et non ce qu’il en dit seulement, comme le croit la psychologie classique.

 

Pour comprendre ce qui se passe entre deux individus, il ne faut pas rester au niveau de l’observation naïve, mais savoir reconnaître, dans toute interaction, ce qui est du domaine du contenu et du domaine de la relation. Sinon, on risque de se tromper de conflit et de ne jamais pouvoir résoudre celui-ci.

 

Un exemple connu dans la littérature de Palo Alto est celui du mari qui, rencontrant un excellent ami du couple, l’invite à dîner à la maison, pensant faire plaisir à sa femme car elle aime beaucoup cet ami. Or, toute la soirée elle fait la tête et la scène éclate dès que l’ami est parti. Le mari lui reprochant de faire la tête, elle se dit furieuse de sa soirée tout en reconnaissant qu’elle apprécie fortement cet ami. En fait le couple va se disputer au niveau du contenu : l’invitation, alors que, s’ils avaient suivi des cours Relatio, ils comprendraient vite que le conflit se situe au niveau de la relation et que le vrai reproche est ailleurs « Tu as invité cet ami, sans me demander mon avis ». En se trompant de niveau de conflit, ce couple risque de le rendre durable et grave.

 

De même, l’histoire des deux savants prônant des thèses contraires sur un sujet scientifique. Lorsque une étude objective montre à l’évidence qu’un de deux savants a tort celui-ci dira à l’autre : « Oui, vous avez raison, mais vous avez tort d’avoir raison ! ». Ce qu’a découvert Palo Alto, c’est que le grief perdure, même quand le contenu qui le portait a disparu. Comme on le voit dans la répétition des scènes de ménage, dont on s’étonne toujours de la futilité des causes prétendues ; mais quand la cause disparaît le ménage a tôt fait d’en trouver une autre, pour continuer le conflit, qui est en fait leur mode normal de fonctionner.