Double contrainte

 

Le terme de double contrainte a été inventé par Grégory BATESON le créateur de l’Ecole de Palo Alto, pour désigner la situation dans laquelle se trouve une personne, désignée comme victime ou bouc émissaire, devant obéir à la fois à deux ordres ou consignes contradictoires.

 

C’est une notion centrale dans les théories systémiques. La victime ne peut obéir sans désobéir et une troisième contrainte l’empêche de sortir de l’impasse. La victime ne peut choisir entre les options contradictoires, et en même temps elle est obligée de choisir.

 

En théorie, on ne peut échapper à la double contrainte, parfois appelée en France double bind.

 

La double contrainte peut se classer dans la catégorie des paradoxes pragmatiques. Par exemple, un enfant se trouvera dans une double contrainte devant des parents divorcés, quand chacun d’eux lui demande un amour exclusif.

 

La double contrainte peut être plus subtile, et plus traumatisante encore quand les deux injonctions contradictoires proviennent de canaux différents. Bateson avait observé comment des mères balinaises déclenchaient des situations de double contrainte, en demandant à leur enfant de venir les embrasser et en se raidissant quand celui-ci obéit. Le message verbal : « Viens m’embrasser » se trouvait contredit par le langage du corps : « Je n’aime pas quand tu m’embrasses ». Et l’enfant se trouve coincé entre ce qu’il entend et ce qu’il sent, de façon plus intime par le recul de la mère quand il s’approche. Il se trouve dans une situation de double contrainte entre le message analogique et le message digital.

 

La double contrainte – à rapprocher de l’injonction paradoxale – fait partie de l’arsenal d’outils dont nous disposons tous pour créer chez les autres des névroses expérimentales. Elle suppose deux personnes et un jeu de type bourreau – victime ; la double contrainte se situe donc, du oint de vue de Relatio, dans un cadre de relations complémentaires, et non pas symétriques.