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Etre
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Le mot le plus fréquent de notre langue et le fondement de
notre philosophie occidentale, basé sur l’existence, le permanent, donc,
d’une certaine façon sur le non-existant, dans la mesure même où rien
n’est permanent, ni dans le monde physique des objets, ni dans le monde
de l’humain. Toutes nos phrases, toute notre pensée, reposent sur des
constructions du type de « Je
suis… ». Il est très difficile d’écrire une seule page sans utiliser
le verbe être. En matière de
formation, les cabinets spécialisés parlent de savoir-être qu’ils opposent
souvent au savoir-faire. Pour
l’analyse relationnelle Relatio, la cause est entendue : être
fait partie de
l’anti-dictionnaire, il en est même le mot-clé.
Le verbe être –
qu’on nous dit être un auxiliaire – immobilise ce qu’il désigne. Polysémique,
il ne veut plus rien dire en prétendant tout signifier. Pour nous, puisque
nous sommes l’ensemble des relations
que nous avons avec nos semblables, alors le verbe être
doit être remplacé par des expressions de type relationnel : « Je fais, je dis, je demande… »,
des verbes désignant des mouvements relationnels, des interactions plus
concrètes. Ce n’est pas la partie la plus facile de l’apprentissage
de Relatio, car elle va l’encontre, non seulement de notre philosophie
dominante, mais encore d’une de nos habitudes de langage les plus ancrées. Il
est devenu évident depuis notre plus tendre enfance que nous ne pouvons nous
passer du verbe être. |