Homéostasie

 

Ce terme appartient à la systémique. On appelle ainsi la capacité des systèmes à réguler d’eux-mêmes leur fonctionnement, et à conserver leur équilibre de fonctionnement.

C’est donc une tendance dite naturelle de tous les systèmes, une espèce de thermostat interne qui fait que, malgré les perturbations extérieures, ils reviennent toujours à leur état antérieur.

 

Sur le plan des théories comme des pratiques du changement, l’homéostasie peut être la meilleure comme la pire des choses. En effet, nos savons que le besoin d’équilibre est un des objectifs principaux de tout système et que nous ressentons toute une série de maux si cet équilibre est rompu : stress, dépression…

 

Cependant, la capacité à retrouver l’équilibre ne s’apprend guère et un système sain saura le faire de lui-même sans avoir besoin de faire appel à des psy. (Surtout que la plupart des psys ne font qu’aggraver la situation en creusant les profondeurs de la Carte). L’homéostasie fait appel aux habitudes comportementales ; après la perturbation : un deuil, un contrôle fiscal, un déménagement, une maladie grave, on retrouve naturellement, plus ou moins vite certes, notre équilibre antérieur.

Attention : plus ou moins et la plupart du temps.

 

Mais cet équilibre fait d’habitudes comportementales, d’habitudes de pensée, peut être en lui-même le problème qui nous empêche de changer.

Car le changement trouble l’homéostasie d’un système, et c’est pourquoi il est parfois si difficile à obtenir. On parle toujours dans les livres classiques de résistance au changement, en cherchant des raisons psychologiques à cela ; mais il n’en est point. Car la résistance au changement n’est que la manifestation visible de l’homéostasie de notre système relationnel.

 

Nous sommes bien dans nos habitudes et tout changement réel (appelé par Palo Alto changement 2) est rupture de cet équilibre qui nous est si cher. Nous passons pendant le temps du changement dans ce qu’Alan Watts appelait la bienheureuse insécurité. Nous sommes mal dans un premier temps, jusqu’à ce que, le changement accompli, nous retrouvions un nouvel équilibre.

 

Ce que dit Relatio est que nous ne pouvons faire l’économie de ce mal-être pendant la période de changement. Ce qui apparaît paradoxal aux pratiquants qui ne sont pas prêts pour un véritable changement : ils nous demandent un plus grand bien-être et nous les plongeons d’abord dans le malaise. Mais cela ne dure qu’un temps et nous pouvons alléger leurs souffrances pendant ce temps-là à l’aide d’exercices ; ne faut-il pas souffrir pour être beau ?

 

Une fois les grandes lignes du changement obtenues, une fois franchis les obstacles, l’homéostasie, thermostat des relations humaines, remet en route son moteur et celui-ci ronronne encore mieux qu’avant.