Idéaliser

 

Un des grands principes de l’analyse relationnelle et de notre méthode de changement est la non-idéalisation.

 

Les utopistes aux yeux pleins d’étoiles comme le disait Watzlawick, ont fait plus de mal que de bien à nos sociétés. En nous faisant croire qu’un jour nous pourrions connaître la société idéale, les lendemains qui chantent, le règne de l’amour entre les peuples, ou plus modestement l’entente dans un couple, l’enfant obéissant, le patron idéal… les utopistes nous ont montré un paradis qui ne peut exister.

 

Et, par comparaison avec ce paradis, toutes nos vies apparaissent comme fades, tristes, malheureuses. Mais ce n’est qu’un point de vue.

 

On obtient plus de joie et de bonheur (mots de l’anti-dictionnaire qui ne veulent rien dire donc) en cherchant à améliorer nos relations ici et maintenant, même de façon minime.

Résoudre un conflit planétaire du type de « comment faut-il presser le tube dentifrice ?» est un pas en avant plus utile que de chercher à rendre nos sociétés intelligentes par la création d’une nouvelle idéologie.

 

Les pratiquants qui viennent nous voir ont souvent des objectifs du style de : « Je veux être heureux avec ma femme » et par « être heureux » ils entendent tous les poncifs qu’ils ont lu dans les journaux du cœur ou les journaux de psychologie, ou entendus à la télé.

Nous les calmons rapidement en leur apprenant à préciser ce qu’ils entendant par là, en les amenant progressivement à redéfinir leur problème par des formules du genre : « Je veux passer une bonne soirée, ce soir, avec ma femme ». Et là, il y a des solutions, il y a des voies de changement pour y arriver. Et s’ils peuvent passer tous les soirs des bonnes soirées avec Madame, qu’ont-il encore besoin d’utiliser des mots meurtriers tels que Bonheur, Heureux…

 

Vivre ici et maintenant en se référant à des normes appartenant à des modèles idéaux, est la voie la plus sûre pour être définitivement malheureux.

Et sur ce point, mais ce n’est pas le lieu de développer, les psychologues et autres psychanalystes ont leur part de responsabilité.