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Injonction paradoxale
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Cette notion découverte par
l’Ecole de Palo Alto est à rapprocher de la notion de double
contrainte, dont
le découvreur est sans conteste Gregory Bateson. Une injonction paradoxale est un ordre donné auquel
l’autre ne peut obéir sans désobéir. L’exemple type dans les écrits de Palo Alto est l’ordre :
« Sois spontané ! ».
Car si l’on essaie d’y obéir, on ne peut plus être spontané, et si on
refuse d’obéir non plus. Ce type d’ordre met la personne qui le reçoit
dans une situation psychologiquement inconfortable et peut engendrer
des névroses expérimentales, d’origine donc relationnelles. De même demander à des élèves de développer spontanément
un projet personnel est une injonction paradoxale. Parfois l’injonction peut être créée par une contradiction
entre une affirmation verbale et un comportement
non verbal qui vient le contredire. Par exemple, l’exemple cité par
Bateson de la mère balinaise, qui dit à son fils : « Tu
ne m’embrasses pas ? » et qui se raidit quand celui-ci
vient lui faire un câlin. Or, comme on sait que le non-verbal (qui est
du domaine pur de la relation en terme de Palo Alto) domine toujours
le verbal (domaine de la sémantique, du Contenu), cette mère dit à son
fils à quel point elle ne l’aime pas. L’injonction est dite paradoxale dans la mesure où les deux
termes de celle-ci ne se situent pas au même niveau d’abstraction ;
le « Viens m’embrasser »
est plus abstrait
que le raidissement du corps à l’approche du fils. Mais on peut aussi étendre la notion d’injonction
paradoxale à la double contrainte avec deux demandes contradictoires de façon
qu’il suffit d’obéir à l’une pour désobéir à l’autre ; donc, quoi qu’on
fasse on désobéit. |