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Interprétation
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Un des principes d’action des pratiquants de Relatio est
le fameux Ne pas interpréter. Nous apprenons à nos stagiaires qu’il est impossible de ne
pas interpréter car, toute parole, tout acte, de nos partenaires prend
une partie de son sens
dans la façon dont nous le comprenons, et cela indépendamment du sens
qu’il peut avoir pour celui qui les a émis. Nous faisons souvent cet exercice amusant consistant à
lire une phrase courte de trois lignes et ensuite poser des questions aux
stagiaires pour leur montrer qu’ils n’ont pas entendu ce qui a été dit, mais
ce qu’ils croient avoir été dit. Toute notre histoire relationnelle
se construit autour d’une multitude d’interprétations. Nous transformons
ce qui s’est passé, ce qui a été dit ou fait, par notre simple observation,
et cela en grande partie par notre manie inutile de chercher toujours
des explications. « Pourquoi me dit-il cela ? »
« Parce que… » et
la machine à interpréter ronronne sans cesse. Nous avons à ce propos un schéma explicite qui résume bien
comment les malentendus arrivent vite au cours d’une relation.
Quand nous voulons faire passer avec humour l’idée de la toute
puissance de l’interprétation, nous avons quelques phrases choc comme :
« Toute communication est un
malentendu » ou encore mieux : « Quand on est deux, on est cinq : il y a moi, toi, ce que je te
dis, ce que je crois avoir dit, et ce que tu crois avoir entendu ». Les éléments les plus puissants dans ce schéma sont les
deux interprétations des partenaires appelés ici encodage et décodage. Où l’on remarque ce qui va paraître une découverte à bon
nombre d’entre vous : ce que j’ai dit vraiment n’est présent ni dans ma
tête, ni dans la vôtre, et donc, et donc peut être considéré comme l’élément
le moins important de la communication. Et vlan dans le chou de ceux qui prônent l’objectivité ! Ce schéma est à rapprocher du schéma de notre définition
d’une relation entre A et B que nous exposons généralement en tout début de
cours que voici :
Ce schéma nous dit que la « réalité »
d’une communication
entre A et B (et cela, ici
et maintenant comme
l’indique le « t » des formules) est un composé de quatre subjectivités : 1. comment je vois la relation,
ici et maintenant, 2. comment je pense que tu la
vois, ici et maintenant, 3. comment tu vois la relation,
ici et maintenant, 4. comment tu penses que je la
vois, ici et maintenant. en sachant que les réalités 2 et 4, ne sont que des
suppositions, des interprétations, que je ne peux qu’approcher sans certitude
de ne pas me tromper. Dans ce schéma non plus, il n’y a pas de place pour la fameuse
objectivité, que nous rangeons
à tout jamais dans le tiroir des utopies. |