Juger et jugement

 

Encore un principe de vie de RELATIO : ne pas juger.

 

Difficile à appliquer tant nos coutumes d’approche d’autrui sont basées sur des jugements, positifs ou négatifs.

 

Pourquoi ce précepte ?

D’abord, parce que tout jugement fait nécessairement appel à des concepts de la Carte et se formule en termes trop généraux. Voilà ce que nous devrions dire systématiquement à toute personne qui s’exprime sur autrui : « Vous dites que ce type est intelligent (ou fainéant, ou raciste…) ? Quelles sont les observations concrètes que vous avez faites qui vous permettent de dire cela ? »

 

Juger autrui, c’est le classer dans des tiroirs, à l’aide d’adjectifs, d’expressions toutes faites, c’est toujours une généralisation à partir d’un nombre parfois infime d’observations. D’une personne qui arrive une fois en retard au bureau on dira : « Elle arrive en retard », « Elle ne sait pas être à l’heure », voire même « Elle est fainéante ».

 

Juger autrui ne nous dit rien sur la façon dont cette personne se comporte réellement dans les multiples relations qu’elle entretient dans sa vie de tous les jours. Juger autrui c’est extraire d’une infinité de comportements et d’interactions (qui nous restent inconnues) un sous-ensemble restreint et en généraliser les conclusions.

 

Ensuite, juger, justement parce que cela classe, étiquette une personne, est une façon désastreuse de fixer le réel et de ne plus voir les nuances. Une personne fainéante peut se mettre à travailler pendant de longues années, elle restera dans nos esprits une fainéante qui fait des efforts.

Juger c’est se condamner à ne pas voir les changements, parfois subtils, que les personnes entreprennent pour s’améliorer. Juger c’est se rendre aveugle aux autres. Et à soi-même aussi bien sûr.