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Linguistique
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Le créateur de la linguistique moderne : FERDINAND DE SAUSSURE Ferdinand de Saussure, était un véritable génie ; il
était est né en Suisse. Il a totalement créé un corpus de concepts
permettant d’analyser le langage de façon radicalement nouvelle, par
l’observation extérieure, comme en ethnologie, et sans
jugement normatif sur la qualité des textes produits. Ses cours, auxquels assistaient peu de gens, seulement la
fine fleur des futurs linguistes s’intitule : Cours de linguistique générale (CLG). Il a été publié pour la
première fois en 1915, a partir des notes de ses élèves. Il a été publié par les Editions Payot en 1973. Voici les principaux concepts opérationnels inventés par
de Saussure et exposés dans son Cours : L'opposition Signifiant/Signifié Pour de Saussure, le « signe linguistique » (ce
que dans le langage profane nous appelons le mot) est formé de deux
faces, comme les deux faces d’une pièce de monnaie :
Le signifiant est la « forme phonique »
(le son) du mot prononcé ; le signifié est « l’image » (nous
dirions aujourd’hui le concept) du mot que nous avons dans la tête au moment
où nous l’entendons. Ainsi le signe « cheval » est formé du
signifiant ‘cheval ’ et du concept cheval, la représentation du mot que nous avons dans l’esprit
quand nous entendons le mot. Pour De SAUSSURE, signifiant et signifié sont inséparables.
Il n’y a pas de signifié sans signifiant (tous les concepts peuvent
être représentés par des mots ?) et pas de signifiants sans signifiés.
Tous les sons veulent dire quelque chose, du moins dans notre langue ;
sinon évidemment, les mots entendus dans une langue étrangère que nous
ne parlons pas du tout, sont des signifiants sans signifié. Nous verrons plus loin la possibilité et l’intérêt de
créer des signifiants sans signifiés (une langue nouvelle) qu’on appelle des logatomes. L'arbitraire du signe linguistique Le rapport signifiant/signifié est arbitraire, n'est pas
motivé par une relation de sens : "La
langue est une convention, et la nature du signe dont on est convenu est
indifférente" (CLG, p. 26) Il n’y a pas de raison d’appeler un cheval à l’aide du
signifiant ‘cheval’ ; la preuve en est que les autres peuples
l’appellent autrement : ‘caballo’, ‘pferd’, ‘horse’... Et c'est parce le rapport signifiant/signifié est
arbitraire qu'il n'y a pas de raison de le changer. "Chaque
peuple est généralement satisfait de la langue qu'il a reçue...L'arbitraire
même du signe le met la langue à l'abri de toute tentative visant à la
modifier" (CLG, p.106) Avec comme conséquence favorable que la langue n’est jamais
contestée : "La
langue est, de toutes les institutions sociales celle qui offre le moins de
prise aux initiatives" (CLG, p.107) En effet, a-t-on déjà vu des manifestations de rue
demandant que les choses s'appellent autrement ? L'opposition
Diachronique
/ Synchronique Jusqu’à de Saussure,
toutes les personnes qui s’intéressaient à la langue : philosophes,
grammairiens, philologues... privilégiaient l’histoire de la langue
sur son fonctionnement « ici
et maintenant ». De Saussure inverse l’ordre des préférences. "La
langue est un système dont toutes les parties peuvent et doivent être
considérées dans leur solidarité synchronique" (CLG, p.124) (On notera l'emploi du mot "système", 30 ans avant l’avènement de la systémique !) "Est synchronique tout ce qui se rapporte à l'aspect
statique de notre science, diachronique tout ce qui a trait aux
évolutions" (CLG, p.117) De Saussure compare l'étude d'une langue à celle d'une
partie d'échecs : "La
valeur respective des pièces dépend de leur position sur l'échiquier, de même
que dans la langue chaque terme a sa valeur par son opposition avec tous les
autres termes" (CLG, p.126) Pour DE SAUSSURE "l'aspect
synchronique prime l'autre " (CLG, p.130) C'est le début de l'étude de la construction des phrases,
et le début du refus des lois de la grammaire en général. Avec de Saussure,
on commence à s’intéresser à la façon dont la langue fonctionne (Territoire
?) et non plus seulement aux règles à observer pour la bien parler (Cartes
?) Rapprochons cette phrase de de SAUSSURE : "Parler
de loi linguistique en général, c'est vouloir étreindre un fantôme"
(CLG, p.130) à l'idée de base de l'Ecole de Palo Alto selon laquelle
on ne peut pas parler de "communication en général", mais seulement
de séquences précises de communication. Encore une fois c'est, bien avant la date, l'introduction,
dans notre culture, de l'ici et maintenant. L'opposition Langue/Parole Langue = ce qui est commun à un
peuple Parole = un ensemble de textes
réels Encore un dualisme qui peut se rapprocher de notre
opposition Carte (la langue) /Territoire (les textes). De Saussure explique que "historiquement, le fait de parole précède toujours", que
"c'est la parole qui fait évoluer
la langue" et que la parole est surtout présente dans le langage
oral. "En
séparant la langue de la parole, on sépare du même coup : 1. ce qui est
social de ce qui est individuel ; 2. ce qui est essentiel de ce qui est
accessoire et plus ou moins accidentel" (CLG, p 30) D’autre part, pour De Saussure (et pour la première fois)
la langue (orale) est plus importante que l'écriture : "Langue et écriture sont deux systèmes de signes distincts ;
l'unique raison d'être du second est de représenter le premier...".
Il est stupide de se référer à l'écriture comme l'ont fait tous les
grammairiens avant lui car "c'est
comme si l'on croyait que, pour connaître quelqu'un, il vaut mieux regarder
sa photographie que son visage" (CLG, p.45). Outre la systémique, on doit à
De Saussure, l’invention de la sémiotique ou sémiologie : "On
peut donc concevoir une science qui étudie la vie des signes au sein de la
vie sociale...nous la nommerons sémiologie." (CLG, p.33) De de SAUSSURE
A CHOMSKY A partir de de Saussure, la linguistique s'est rapidement
développée comme une science pouvant décrire des "actes de parole". Après de Saussure, deux sortes de sémantiques
ont pris naissance et se sont développées séparément : la sémantique
du signifié, et la sémantique du signifiant. Deux courants majeurs se sont opposés : le courant de
l'étude des signifiés (courant "latin") et celui de l'étude des
signifiants (courant "anglo-saxon"). Voici les grandes oppositions entre ces deux courants :
Le courant du signifié a privilégié la définition des
mots, définition par elle-même unique et fixe, donc relativement abstraite et
générale, alors que le courant du signifiant a rapidement affirmé que le sens
d’un mot est dépendant de son contexte, si bien que ce courant a rapidement
privilégié l’analyse de l’utilisation concrète des mots dans les phrases. Ici nous
croisons l’opposition entre la Carte, le courant du signifié, et le
Territoire, courant du signifiant. Le grand
tournant fut celui de la création des « grammaires distributionnelles
et structurales » et des « grammaires transformationnelles »
et génératives. Les premières se sont attachées à étudier les mots
dans les phrases
selon la façon dont ils sont distribués syntaxiquement. On a ainsi rapidement
abouti à une grammaire ne faisant plus guère référence à nos habitudes
scolaires, faites de classifications des mots en catégories : substantifs,
verbes... et de fonctions : sujet, complément… Les secondes se sont attachées à étudier la construction
même des phrases complexes à partir d'une phrase minimale. Ainsi, à partir de
la phrase : « Albert dort », on peut construire des milliers
de phrases complexes telle que celle-ci : « Albert, le roi des
camelots qui se produit généralement sur le boulevard Richard Lenoir, dort
tranquillement dans son carton étalé sur le trottoir, devant la boutique de
piano où il a ses habitudes, car la patronne lui donne tous les matins un
petit morceau de pain... » La grammaire transformationnelle a ouvert la voie à la grammaire
générative de Noam Chomsky. |