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Nominalisme
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Sans faire savant, nous définirons le nominalisme comme le
courant philosophique qui pense que le monde est en partie créé par
notre langage. Wikipédia dit : « Le nominalisme est une
théorie de la philosophie scolastique médiévale, dont le fondateur est
Roscelin et qui considère que le monde réside essentiellement dans les
concepts posés par le langage (les noms). » Autrement, les nominalistes pensent que le monde
n’existerait pas si nous n’avions pas de langage pour le désigner ! Sans aller jusque là, il est clair que nous avons du mal
à concevoir certaines notions faute de langage, et que notre croyance
est assez générale selon laquelle, puisque qu’on peut parler de toute
chose qui existe, alors rien n’existe en dehors de ce que nous pouvons
nommer. L’homme de la rue est quelque peu nominaliste sans le
savoir. Mais ici, il faut se méfier d’une éventuelle erreur de ponctuation du
type : « C’est la poule qui
fait l’œuf… » car il est souvent difficile de savoir si c’est le
langage qui a créé le monde ou le monde perçu qui nous a incité à inventer un
langage pour en parler et le partager avec les autres. Relatio n’est pas une théorie philosophique, car la philosophie,
malgré son utilité est encore et toujours de la Carte
et résiste encore et toujours à l’envahisseur pragmatique.
Cependant, dans nos exercices concrets d’analyse
relationnelle et de changements de comportements, il est clair que
nous trouvons souvent que les problèmes
posés par nos pratiquants, n’existent que parce qu’ils se les posent
et que s’ils se les posent c’est qu’ils ont un langage pour le faire. Dès le préambule des cours, nous exprimons bien cette idée
fondamentale que si, jusqu’à ce jour, l’analyse relationnelle n’a pas
réussi à conquérir le grand public, c’est que le champ d’étude qu’elle
recouvre ne possède pas de vocabulaire adéquat. On n’a pas de lexique
pour parler des relations
entre individus, alors qu’on en a à revendre pour parler des individus
eux-mêmes. Le projet Cragnon
que nous avons mis sur pied est une tentative pour montrer
concrètement que plus on a de mots dans un champ
sémantique donné, plus ce champ prend de l’importance dans notre
vie. Un peuple qui aurait cent mots
pour parler de la tristesse et de toutes ses nuances et un seul mot
pour évoquer la joie, serait, à coup sûr, déprimé et suicidaire. Il semblerait, bien que cela soit contesté, que parfois,
c’est le langage qui permet de voir ou de ne pas voir certaines
caractéristiques du monde, même physique. Pour les indiens hopis, l’arc en
ciel n’avait que trois couleurs et ils ne disposaient que de trois mots pour
désigner les couleurs qu’ils voyaient, et, dans un contexte occidental, ayant
appris nos langues, ils se sont mis à voir les fameuses sept couleurs de
l’arc-en ciel. Qui, entre parenthèses ne sont pas plus sept que trois, mais
une infinité de nuances hors de notre portée perceptive. |