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Non-verbal
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Dans toute interaction,
la communication
dite non verbale, les gestes, les mimiques les mouvements du corps,
l’intonation de la voix, sont une part importante dans la description
et le sens de celle-ci. On lit dans maints ouvrages que la communication passe par
le non verbal pour au moins (selon les auteurs) de 70 à 90 % de la communication,
mais je ne vois pas comment ces chiffres sont justifiés. Et il faut
toujours se méfier de l’intrusion de chiffres dans les domaines qualitatifs
aussi subtils que le sens d’une communication. D’autant plus que je n’ai vu aucune part une étude
sérieuse prouvant ces pourcentages et que, selon nous, la part du non verbal
est fluctuante à tout moment (« ici
et maintenant »), selon les personnes, les sujets de la conversation
(contenu), et aussi l’environnement de la relation. Palo Alto
présente le non verbal en tant que communication analogique,
par opposition au langage qui exprime la part digitale
de la communication. Certes le non verbal est fondamental et c’est pourquoi une
analyse relationnelle conduite par l’intermédiaire de films ou simplement
d’un observateur analyste qui regarde ce qui se passe entre deux personnes,
sera toujours de meilleure qualité et plus près de ce qui se passe « dans
la tête » des protagonistes qu’une analyse faite à partir de textes,
ou d’entretiens. Il y a une différence de qualité et de niveau entre
l’analyse de ce qui se passe devant nos yeux et l’analyse de ce que les
partenaires disent qu’il s’est passé. L’analyse relationnelle complète devrait intégrer, d’une
part un film des interactions, et d’autre part un entretien avec chaque
protagoniste qui sera la restitution subjective
de ce qu’il croit avoir vécu. Ainsi on compare un ensemble de séquences
de type Territoire,
avec les cartes
mentales de chaque protagoniste. Mais, il existe plusieurs écueils dans la réalisation
cette démarche scientifique. Le premier est déontologique : dans le cas des scènes
de ménage aussi que dans les relations commerciales entre les vendeurs et
leurs clients, il est quasiment
impossible de filmer ce qui se passe car dans bien des cas, il
serait difficile d’obtenir les autorisations. Et quand bien même on les
obtiendrait, la présence de l’observateur dénaturerait quelque peu la qualité
et la nature des observations recueillies. Le deuxième problème est plus méthodologique : alors
que nous connaissons des méthodes sûres pour analyser
le langage (on peut compter les mots,
les thèmes, faire
des recoupements et des études corrélatives…) si bien que deux analystes
analysant le même corpus de textes, trouveront les mêmes résultats,
il n’en est pas de même des éléments non verbaux recueillis où chaque
analyste verra des choses bien différentes de ses collègues. Tout simplement parce que les unités significatives des messages
non verbaux ne sont pas définies avec la même précision que les unités
linguistiques. Certains manuels nous disent qu’il existe 12000 façons de
sourire ; bien, mais comment faire pour que deux observateurs différents
puissent coder de la même façon tel sourire précis ? Nous sommes là dans le domaine de l’arbitraire, du non
scientifique d’où l’on ne peut tirer aucune conclusion sérieuse. On parle ici
souvent d’intuition, de capacité innée à bien analyser ce qui se passe… Mais
on sort de l’observation méthodologiquement normée et l’on sort de l’analyse
relationnelle proprement dite. Cependant, il est évident que les pratiquants de Relatio
font souvent appel à leurs observations des comportements non verbaux pour
compléter leur analyse relationnelle, on peut même affirmer que celle-ci est
parfois issue de ce type d’observations. Aucun analyste, même le plus aguerri, n’est à l’abri d’observations
subjectives à
partir d’interprétations de ce qu’il voit. Par exemple s’il voit un des partenaires froncer le sourcil,
il pourra être influencé et penser qu’il s’agit d’un signe de mécontentement,
en réaction aux paroles du partenaire. Et coder
alors en conséquence. C’est une interprétation et donc une infraction
à l’une des règles fondamentales de Relatio : ne
pas interpréter. |