Palo Alto

 

Après la Sémantique Générale et ses concepts de Carte et de Territoire qui nous a fourni notre axiome de base selon lequel « tout ce qui ne peut se définir en termes concrets n’existe pas », c’est l’Ecole de Palo Alto qui nous a fourni nos outils les plus performants.

 

Nous avons longuement évoqué les axiomes et principes de l’école de Palo Alto dans nos exposés théoriques sur le site Relatio. Nous renvoyons ici le lecteur aux exposés 10 et 11.

 

Juste en quelques mots survolons les principales découvertes de cette école dont le principe est de soigner (guérir ?) des personnes dites malades mentales, en considérant que si elles sont dites malades mentales c’est que leurs relations sont malades.

 

Le premier axiome ou axiome d’ouverture est simple : « On ne peut pas ne pas communiquer ». C’est déjà un pied de nez aux théories des psys qui parlent de non communication. Juste après cet axiome, Palo Alto nous montre que tout est communication, et que le terme de communication doit être compris comme un synonyme de comportement. Or, il n’y a pas de non-comportement.

 

Ensuite, nous avons l’axiome selon lequel « Toute communication présente deux aspects : le contenu et la relation, tel que le second englobe le premier et par suite est une métacommunication » (Paul Watzlawick, Une logique… p. 52).

D’emblée Watzlawick présente le concept de Métacommunication que nous avons gardé comme un puissant méta-critère, dont la définition simplifiée sera : passe du contenu à la relation.

D’emblée, Watzlawick, il situe la Relation à un niveau différent du Contenu ; le contenu est un ensemble de faits, d’actes de langage… à l’intérieur d’un habillage relationnel, qui lui donne son sens.

 

Ensuite, il y a l’axiome des relations symétriques ou complémentaires, selon qu’elles se basent sur l’égalité ou non. Nous retrouvons dans Relatio ces notions au sein des critères hiérarchie et coopération. Pour nous, il existe quatre types de relations :

1.       Symétriques de paix,

2.       Symétriques de guerre,

3.       Complémentaires de paix,

4.       Complémentaires de guerre.

 

Une fois que deux interlocuteurs ont joué plusieurs coups dans une de ces catégories, la programmation devient solide, une habitude et il sera de plus en plus difficile d’en adopter une nouvelle, de changer.

 

Un axiome riche en solutions pour les relations conflictuelles, est l’axiome de la ponctuation que nous intégré dans Relatio.

 

Facile à résumer au travers d’une petite histoire :

« Une histoire connue de presque tous les étudiants en psychologie raconte qu’un rat de laboratoire dit de son expérimentateur : « j’ai fait subir à cet homme un entraînement pour qu’à chaque fois que j’abaisse ce levier, il me donne à manger » Watzlawick : La réalité de la réalité, p. 67

 

Ou encore l’expression bien connue des enfants : « C’est pas moi qui ai commencé… »

 

Puis, emprunté en partie aux ouvrages savants de Gregory Bateson, le fondateur de l’école de Palo Alto, nous trouvons une théorie du changement qui distinguent les changements 1 et les changements 2. le changement 1 est une modification du système à l’intérieur du système lui-même : aux échecs par exemple, tout coup joué est un changement 1 de la position des pièces ; le changement 2 est un changement de système, par exemple, aux échecs une nouvelle règle ou l’ajout d’une pièce nouvelle.

 

Il sera facile en politique ou dans les entreprises de montrer en quoi la plupart des changements proposés par nos dirigeants sont des changements 1, ou comme l’a dit d’ailleurs un de nos anciens Présidents de la République, des changements dans la continuité. Tout le monde n’a pas lu Palo Alto.

Changer de cravate, comme changer d’aide visuelle ou nommer un nouveau ministre de l’éducation, ce sont des changements 1. Mais, ne plus mettre de cravate, supprimer les aides visuelles, ou encore supprimer un ministère, seraient des changements 2.

Relatio ne s’intéresse qu’aux changements 2.

 

Enfin, parce qu’il faut achever cet article, c’est Palo Alto, semble-t-il, après Milton Erickson, qui a mis en évidence l’importance de la double contrainte, de l’injonction paradoxale, dans la genèse des névroses, mais aussi, dans les processus de guérison des soi disant maladies mentales.