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Sémantique
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Les sens
des mots et le sens du mot « sens » « L’emploi d’un même langage
produit l’illusion que l’autre doit voir la réalité comme elle est réellement
- c’est-à-dire comme je la vois. Et s’il se trouve que mon interlocuteur ne
la voit pas comme moi, c’est alors un signe évident de folie ou de mauvaises
dispositions. », Paul Watzlawick, Faites votre malheur vous-même, p.82 Alors que la linguistique
est l'étude de la langue
(et de la parole) en elle-même et regroupe des disciplines telles que
la lexicologie, thématique, syntaxique, grammaire
générative... la sémantique
est l'étude du sens des mots, aussi bien dans la phrase que dans le
contexte social
d'émission de celle-ci. Au sens Saussurien, le sens d’un mot est son signifié,
l’image mentale que je crée dans mon cerveau lorsque j’entends ce mot.
Le sens d’un mot, au sens profane, est la réponse que je donne à la
question : « Qu’entendez-vous par là ? » Mais le concept de "sens" est en lui-même un peu flou, car il oblige à poser la
question fondamentale : le sens par rapport à quoi et à qui ? Au locuteur
émetteur,
à l'auditeur, au sens général admis par le dictionnaire ou par l'usage,
ou encore par rapport à l'effet produit.... Si bien que dans le cadre d'une linguistique appliquée à
des relations humaines, nous préférerons parler des différents sens d'un mot
ou d'un thème. Quels sont-ils ? Sans prétendre liquider le problème de
façon exhaustive. Chaque mot (ou chaque message considéré comme un ensemble
mots) ne possède pas un sens en soi, unique et valable pour tous, mais
plusieurs. Axes syntagmatiques
et paradigmatiques Un mot ou un bloc de mots possède des sens contextuels ;
c’est la partie concrète (Territoire)
de la définition du mot sens. Celle qui obéit à l’aphorisme de
Wittgenstein selon lequel : « La proposition seule a un sens ; et ce n'est
que dans le contexte d'une proposition qu'un nom a une signification »
(Tractacus logico-philosophicus, 3-3) Oui, mais
le sens pour qui ? Tout mot possède au moins deux sens en situation
: le sens que lui donne l'émetteur et celui que comprend le récepteur.
Ces deux sens sont rarement semblables, ce qui nous fait dire que toute
communication est un malentendu.
Nous retrouvons
ici le schéma de la communication
linéaire : E Þ M Þ R. Mais aussi, il est permis de considérer toute communication
par rapport à son objectif pragmatique,
(ce qu’on veut obtenir), et il est permis de penser que, d’une part
l’intention
de l’émetteur ainsi que l'effet
du message font également
partie du sens général du mot. Enfin, les deux locuteurs tout en adaptant le sens du mot
à la situation présente, gardent conscient à l'esprit que le mot a plus ou
moins un sens général auquel la plupart de leurs contemporains adhère : c'est
le sens pour tous ou stéréotype
social de la langue. Revenons sur le sens contextuel des mots,
en terme de syntaxe,
sans faire référence à la situation de communication qui accompagne
le mot ou la phrase. Nous avons déjà vu en quoi le sens d’un
mot est donné par son appartenance à un (ou des) thème,
défini comme l’ensemble des autres mots avec lesquels il est commutatif.
Ceci est l’axe paradigmatique. Quand j’entends
coq, je pense poule, l’association
verbale est fréquemment présente à l’esprit, et je sais intuitivement
que ces deux mots sont commutatifs. Mais quand j’entends coq, je peux
aussi penser fermière, alors que ces
deux mots sont moins souvent commutatifs qu’associatifs. C’est l’axe
syntagmatique des associations verbales "Les liens syntagmatiques sont des rapports in
presentia. Les liens associatifs, eux, rapprochent des concepts, in absentia,
en une série potentielle (virtuelle)." (Hörmann, p.103) Voici le schéma général des associations
verbales, ce qui ajoute à la variété des sens du mot sens.
Le sens
du mot F est donné, à la fois, par les mots
qui peuvent le remplacer dans la phrase P (commutativité ou axe paradigmatique),
et par les mots qui l'accompagnent dans cette phrase (axe
syntagmatique). C'est le sens, en tant de que définition et le sens
en tant qu'utilisation. "Ceci revient à dire que plus le nombre de cadres
de phrases dans lesquels pourraient s'inscrire le mot stimulus et le
mot réponse est élevé, plus le lien entre ces deux mots est étroit."
(Hörmann, p.124) |