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Systémique
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Il est à noter que l’Ecole
de Palo Alto se désigne elle-même par une école de thérapie
systémique. La systémique est de nos jours indispensable pour modéliser
la moindre interaction, la moindre communication. Un système est un
ensemble, composé d’éléments en interaction
; un système possède une frontière qui le relie à l’extérieur
dans le cas le plus fréquent des systèmes dits « ouverts »
; un système a sa vie propre qui ne peut se confondre avec la vie de
ses éléments ; un système possède essentiellement deux objectifs fondamentaux
: se maintenir en équilibre
et augmenter sa « masse relationnelle ». Chaque individu peut
être avantageusement considéré comme un système, en relation avec d’autres
individus-systèmes. Un système, comme le montre le schéma ci-dessous, est un
ensemble d’éléments, reliés entre eux par des processus, des flux
(d’informations, d’argent…) ; il comprend une frontière au delà de
laquelle l’extérieur du système, des réservoirs d’informations stockant
celles-ci… Certains de ses éléments peuvent en sortir (démissions, morts…) ou
au contraire y entrer (recrutement, naissances…). Cette conception connue depuis les années 1950 a permis à
des chercheurs ou des thérapeutes, de comparer sans difficulté les relations
humaines, interindividuelles ou de groupe, à des systèmes. En effet, dans une relation, il existe les éléments :
les personnes en présence. Il
existe les relations : ce qu’ils font et ce qu’ils se font. Il
existe une frontière ; tout ce qui n’est pas la relation fait
partie du monde extérieur, l’environnement. Il existe aussi des flux : flux de contenus, ce qui
se dit, ce qui se fait et flux relationnels : la façon dont chacun
apprécie et voir ce qui se passe… La comparaison peut aller jusqu’au bout sans perte de
pertinence. De plus, tout système relationnel est mortel : il possède un
début (naissance du système) et une fin (mort du système).
Ainsi, grâce à la théorie des systèmes, l’homme a pu au cours
des ces quatre dernières décennies, non seulement créer d’importantes
innovations technologiques, mais aussi il a pu comprendre le fonctionnement
des relations humaines,
bien que cette dernière application soit plus récente. La notion de système nous a familiarisé avec des idées
fort utiles en pratique. La première idée est que « tout est relié à tout ».
On l’a vu, c’est une coupure radicale (on dit parfois « épistémologique »)
d’avec la communication
linéaire et sa causalité
univoque. La systémique, c’est la réunification des tiroirs, c’est
le refus d’en rester aux classifications
analytiques, c’est une tentative pour relier en permanence ce qui a
été précédemment séparé par les anciennes façons de penser. C’est la
négation de la pensée atomisante. La systémique ne voit plus les éléments comme entités
séparées, mais comme étant en relation vivante dans un ensemble plus vaste et
plus complexe, lequel à son tour... La systémique voit et prend en compte les
mouvements comme unités d’analyse, retrouvant la pensée d’Héraclite après
quelques siècles de mépris. C’est une pensée non-aristotélicienne ; la pensée non-A de
Korzybski. Après le « tout
est communication », voici le « tout est système ». Nous avons vu en quoi le monde de la carte
est aussi le monde de la causalité linéaire, monde dans lequel les éléments
sont vécus comme séparés les uns des autres. Le monde des relations, plus proche du Territoire,
est le monde des processus,
des interactions, lesquels ne peuvent être correctement décrits à l’aide
seulement des Pourquoi.
Dans le monde complexe des interactions entre individus, les causes
peuvent se transformer en effets et vice versa, au plus grand dam des
aristotéliciens
et autres cartésiens. Le modèle de la causalité linéaire, ou modèle du télégraphe
qui se résume en trois lettres : E Þ M Þ R, comme
Emetteur Þ Message
Þ Récepteur,
se transforme en un modèle
cyclique du type de l’orchestre, où chaque élément peut être à son
tour ou en même temps cause ou effet... Ce monde des processus ne peut se comprendre sans
l’invention de nouveaux outils, des outils permettant de modéliser le
complexe. Cela ne peut se faire que dans la mesure où notre esprit est tout
entier tourné vers la recherche des « Comment ça marche » et
non plus des « Pourquoi ça ne marche pas ? » Ainsi, un autre axiome de l’AR dit : « Pour décrire et comprendre les processus
relationnels, il vaut mieux s’attacher à la recherche des Comment qu’à celle
des Pourquoi ». |