Variété

 

La compétence relationnelle des individus peut se mesurer au nombre de modalités qu’ils sont capables de manifester au cours de leurs relations habituelles.

Ce nombre s’appelle dans notre Méthode, la variété, par référence à la notion bien connue en systémique de la variété requise, qui dit qu’aucun modèle ne peut prendre le contrôle d’un autre, s’il n’a pas une variété au moins aussi grande que lui.

 

Prenons n’importe quel critère, par exemple celui de la hiérarchie. Soit une interaction entre une personne se positionnant toujours dans la position de Dominant et une autre pouvant passer facilement de Dominant à Dominé et même  à la position Egalitaire (les trois modalités de ce critère) ; on peut facilement imaginer que le premier sera facilement le jouet du deuxième, car il sera éminemment prévisible, et bien plus rigide.

(N’oublions pas que, dans l’adjectivogramme, rigide est le contraire de stratégique).

 

Dans la théorie systémique ont dit qu’une personne qui n’a qu’une réponse à un stimulus donné se comporte comme un robot, pas comme un humain ; qu’une personne qui n’a que deux réponses possibles au même stimulus (en général réponses dichotomiques : Oui /Non,  ou bien / ou bien) est un robot, juste un peu plus perfectionné.

L’humain commence à la troisième possibilité de réponse à un stimulus donné.

 

Exemple simple et vécu tous les jours :

Question : « Un automobiliste te fait une queue de poisson. Que fais-tu ? »

Première réponse : « Je le rattrape et lui fait un doigt d’honneur »,

Deuxième réponse : « Parfois je le rattrape, et parfois je m’écrase »,

Troisième réponse : « Il arrive que je réagisse violemment, il arrive que je m’écrase. Il arrive aussi que cela m’amuse et que je lui sourie… »

 

Avec cette dernière réponse, je viens d’entrer dans la sphère de l’humain. Je possède un catalogue de réponses appropriées à cette situation. Le nombre de réponses possibles n’a pas de limite supérieure ; plus il sera élevé, mieux ce sera et plus il sera probable que, quelle que soit la situation, je pourrai m’y adapter spontanément.

 

On remarque au passage, que la première solution est celle de la symétrie dans le conflit et la dominance (dominant + guerre) ; c’est, hélas, la plus courante dans la vie de tous les jours. La deuxième réponse est celle de la position Dominée (du moins en apparence).

Seule la troisième réponse dénote une personnalité riche et polyvalente ; nous avons affaire à quelqu’un qui sait jouer avec les différentes modalités des critères Hiérarchie et Paix/Conflit ; de plus, cette personne se montre capable de métacommuniquer : en souriant, elle échappe au dualisme Répondre ou Se soumettre, en disant clairement : je ne veux pas jouer à ce jeu de guéguerre avec toi.

 

En effet, métacommuniquer c’est refuser de répondre par Oui ou par Non mais dire : « Je ne réponds pas à ce genre de question ».

On change bien de niveau communicationnel ; cela surprend souvent l’autre, ce qui n’est pas le moindre avantage.

 

Voici quelques exercices pour augmenter la variété de nos comportements :

 

Listez deux types de situations : celles dans lesquelles vos actions (faits, gestes, paroles...) sont stéréotypées, et exécutés « machinalement », sans y penser et celles dans lesquelles vous réagissez toujours de la même manière aux agissements d’autrui (il s’agit souvent de situations en liaison étroite avec une croyance : je fais toujours cela ‘parce que’ je crois que ...).

 

Pour chacune de ces actions imaginez au moins deux nouveaux comportements possibles, vivez-les en esprit, et utilisez-les à la première occasion.

 

ƒ Appliquez cette recherche aux relations qui vous posent problème, et pour lesquelles vous êtes en quête de changement.